MONTRÉAL - Philippe Couillard a annoncé mercredi avant-midi sa candidature officielle à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).
L'ex-ministre de la Santé s'est lancé dans la course au Centre des sciences de Montréal.
«J'ai la conviction d'être celui qui est en mesure de rassembler tous les libéraux, ceux d'aujourd'hui, ceux d'hier, et de demain», a-t-il dit au début de son discours.
M. Couillard a affirmé qu'il se reconnaît dans les valeurs et les priorités du PLQ que sont «la croissance économique, mais la justice sociale, l'identification au Québec, mais l'appartenance au Canada, l'attachement aux libertés individuelles et à la démocratie, ainsi que le respect de la société civile».
Il a précisé que l'égalité entre les générations était venue s'ajouter à la liste.
Il a également tenu à citer l'ancien premier ministre libéral Robert Bourassa, qui a fait selon lui du Québec une société progressiste et moderne.
M. Couillard a énoncé plusieurs de ses priorités, à savoir le développement économique et la justice sociale, ainsi que le Plan Nord et l'ouverture vers l'Europe qui ont été initiés par Jean Charest.
Outre Philippe Couillard, Raymond Bachand et Pierre Moreau ont déjà annoncé leur souhait de devenir chef du PLQ.
Briser des tabous
L'entourage du candidat Couillard a laissé entendre que ce dernier compte s'attaquer à des chantiers longtemps occultés par le PLQ, comme la question nationale qui pourrait figurer comme l'un des enjeux de sa campagne.
D'ailleurs, M. Couillard devrait compter dans sa garde rapprochée l'ancien ministre des Affaires intergouvernementales Benoît Pelletier, un intellectuel qui milite en faveur d'un fédéralisme asymétrique, et l'affirmation de l'identité québécoise.
Sur le thème de l'économie, le nouveau candidat pourrait également se distancer des positions plus à droite prônées par son concurrent Raymond Bachand. Dans les cercles rapprochés du candidat, il y aurait une certaine frilosité vis-à-vis de la «révolution culturelle» défendue par l'ex-ministre des Finances.
Ce dernier avait notamment lancé la taxe santé, la hausse de droits de scolarité ou encore la hausse des tarifs d'électricité.
De la vie publique au privé
Philippe Couillard, médecin de formation, avait démissionné de son poste de ministre de la Santé au sein du gouvernement Charest en 2008. Il avait quitté la vie politique pour passer dans le secteur privé.
Il avait rejoint Persistence Capital Partners (PCP), un fonds de capital d'investissement spécialisé dans le domaine des services de santé.
Des membres de l'entourage de Jean Charest avaient laissé entendre que l'ex-premier ministre avait été échaudé par le départ précipité de l'un des hommes forts du parti.
En 2010, M. Couillard avait été appelé à participer au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) par le gouvernement de Stephen Harper.
Selon un sondage commandé par l'Agence QMI, la semaine dernière, Philippe Couillard serait le grand favori dans la course à la direction du PLQ.
Les Québécois, toutes couleurs politiques confondues, le verraient comme le meilleur candidat à la succession de Jean Charest.
Pas moins de 27% des personnes interrogées estimeraient en effet qu'il ferait le meilleur chef du PLQ. Raymond Bachand serait le principal adversaire du Dr Couillard (13%).