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Assermentation

L'unifolié réapparaît au Salon rouge

Agence QMI 
Jean-Luc Lavallée
18/09/2012 18h33 

 
 
Assermentation - L'unifolié réapparaît au Salon rouge
Reste à voir si le PQ choisira de retirer le drapeau du Canada pour de bon au Salon rouge. 
Photo Jean-François Desgagnes / Agence QMI

QUÉBEC - Le drapeau canadien, qui brillait par son absence, lundi, lors de l'assermentation des 54 députés du Parti québécois, était de retour au Salon rouge mardi pour les cérémonies dédiées aux députés libéraux et caquistes.

Ironiquement, Pauline Marois disait vouloir «en finir avec la politique de la division» lors de son discours, lundi. Or, le retrait de l'unifolié a exacerbé les tensions, provoquant de vives réactions sur les réseaux sociaux, surtout dans le Canada anglais.

Le nouveau chef par intérim du Parti libéral, Jean-Marc Fournier, a déploré le «geste symbolique» posé par la chef péquiste qui deviendra officiellement première ministre du Québec, mercredi. «Ça laisse des interrogations» sur son véritable désir de rassembler, a-t-il évoqué. «Tout ce que je retiens du geste, c'est qu'il n'est pas cohérent avec les propos que Mme Marois.»

«On fait partie du Canada, on a des avantages du Canada et tant et aussi longtemps qu'on en fait partie, je ne comprends pas ce genre de geste», a renchéri Robert Dutil.

Une habitude du PQ

Le geste, qui soulève les passions, n'est pourtant pas une première. Les élus du Parti québécois ont retiré le drapeau rouge et blanc des lieux à chaque fois qu'ils en ont eu l'occasion pour leurs photos de famille lors des cérémonies d'assermentation suivant les élections (générales ou complémentaires) depuis belle lurette.
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Marois prête serment

Le drapeau canadien, qui a fait son apparition dans la Salle du Conseil législatif au milieu des années 1980 sous le régime libéral, avait été retiré une première fois sous le règne péquiste entre 1994 et 2003. Tant pour les activités dites partisanes (comme les assermentations ou les caucus) que pour les travaux parlementaires. Les libéraux l'avaient ensuite réintroduit au Salon rouge. Précisons qu'il n'y a aucun drapeau du Canada au Salon bleu, là où siègent les 125 députés.

CAQ: pas de «guerre de drapeaux»

Mardi, l'équipe du protocole de l'Assemblée nationale l'a tout simplement remis en place, à la droite du drapeau du Québec. La CAQ, nouveau parti dirigé par un ex-péquiste, a refusé d'ajouter son grain de sel à la controverse. «À ce que je sache, on est toujours dans le Canada donc je ne pense pas que ça devrait être une priorité de faire une guerre des drapeaux», a déclaré le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Même Gérard Deltell, fédéraliste convaincu, a banalisé l'affaire. «Ce n'est pas la première fois que le Parti québécois retire le drapeau du Canada, ils le retirent à chaque assermentation alors moi je n'ai pas de problème avec ça, c'est leur décision, c'est leur choix alors pas de problème.»

Pour la petite histoire, rappelons que l'ADQ, en 2007, avait également retiré l'unifolié du Salon rouge lors de la cérémonie d'assermentation de ses 41 députés. Le parti de Mario Dumont avait alors modifié le décor avec cinq drapeaux du Québec.

Le PQ se défend

Des péquistes, avec qui le Journal de Québec s'est entretenu, ont tous été étonnés du tollé, baptisé sur Twitter le «drapeaugate», jugeant plutôt qu'il s'agissait d'un «non-événemen ». Le porte-parole du parti, Éric Gamache, a rappelé que la cérémonie d'assermentation aurait pu se dérouler n'importe où.

Lorsqu'ils choisissent le Salon rouge pour une activité partisane, rien ne les empêche de retirer le drapeau du Canada. Il faut faire la distinction, insiste-t-il, avec les travaux parlementaires et les activités de l'Institution. «C'est conforme à ce qu'on fait toujours lorsqu'on tient une activité du parti au Salon rouge», a-t-il souligné.

Reste à voir si le PQ choisira de retirer le drapeau du Canada pour de bon au Salon rouge, hôte de nombreuses commissions parlementaires. Aucune décision n'a été prise. Dans un tel cas, c'est le Bureau de l'Assemblée nationale (BAN) qui devrait apparemment trancher. Si tel est le cas - car un flou persiste-, le PQ est assuré de pouvoir le faire puisqu'il disposera de la majorité des voix au BAN (5 sièges sur 9), selon les règlements de l'Assemblée.



 
 


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