Deltell déplore le manque de jugement de Marois

QUÉBEC - Le député caquiste de Chauveau, Gérard Deltell, a émis jeudi de sérieuses réserves sur l'approbation par Pauline Marois de la nomination de proches du Parti libéral à des postes clés de la fonction publique québécoise.

Jean Charest a profité de son dernier conseil des ministres, mercredi, pour nommer deux directrices adjointes de son cabinet à des postes de sous-ministre adjoint.

Il s'agit de Chantal Landry, qui deviendra sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux le 19 novembre, et d'Isabelle Jean, qui deviendra dès le 15 octobre sous-ministre adjointe au ministère des Finances.

«On peut comprendre que certains collaborateurs de l'ancien gouvernement se recyclent dans la fonction publique, a affirmé Gérard Deltell dans un communiqué jeudi. Par contre, il faut que ces gens aient une expérience substantielle dans un domaine particulier.»

Le futur leader parlementaire de la Coalition Avenir Québec a cité l'exemple de Gilles Paquin, dont la longue feuille de route rend selon lui légitime sa nomination à la tête de l'Agence de revenu du Québec, et ce, même s'il était secrétaire général et greffier du Conseil exécutif, ce qui faisait de lui un proche collaborateur de Jean Charest.

Gérard Deltell a toutefois déploré le cas de Chantal Landry. «Je suis tombé en bas de ma chaise! a-t-il dit. En plus de n'avoir absolument aucune expérience en gestion ou dans le domaine de la santé et de n'avoir comme seule expérience de travail des postes très partisans, Mme Landry a été pointée du doigt lors de la commission Bastarache.»

Le député de Chauveau estime que Pauline Marois a raté une belle occasion de faire cesser une pratique «malsaine qui contribue au cynisme de la population» et qu'elle a donc «manqué de jugement».

Les «post-its» de Chantal Landry

Chantal Landry a été coordonnatrice du Conseil de l'unité canadienne, directrice de l'animation pour le Parti libéral du Québec et directrice des relations entre le Conseil exécutif et le Parti libéral du Québec.

Lors des audiences de la Commission Bastarache à l'automne 2010, Chantal Landry avait admis qu'elle apposait des «post-its» sur les curriculum vitae pour informer Jean Charest de l'allégeance politique des candidats aux postes de juges.

À la suite des conclusions de la commission, le ministre de la Justice de l'époque, Jean-Marc Fournier, avait annoncé que le processus de sélection allait être modifié afin que le premier ministre et son entourage n'aient plus accès à la liste de candidats qui veulent devenir juges.


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