QUÉBEC - Jean Charest démissionnera dans quelques jours de son poste de chef du Parti libéral du Québec.
C'est ce qu'il a annoncé mercredi après-midi lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale, à l'issue d'une dernière réunion du conseil des ministres.
M. Charest restera en poste durant la période de transition entre le gouvernement libéral, qu'il a dirigé pendant neuf ans, et le futur gouvernement péquiste.
L'homme était seul au bas de l'escalier du foyer de l'Assemblée, cinq drapeaux du Québec placés derrière lui.
«Le temps est venu de tourner la page, a dit Jean Charest. [...] J'annonce mon départ sans aucun regret.»
«Je n'ai pas tout réussi, mais j'ai toujours recherché l'intérêt supérieur des Québécois», a-t-il affirmé devant les membres de son conseil des ministres, qui présentait un visage triste, certains ne pouvant retenir leurs larmes.
«Les résultats que nous avons obtenus hier (mardi) ne sont pas à la hauteur de ce que nous aurions souhaité», a toutefois reconnu Jean Charest, mais son parti est néanmoins parvenu selon lui à faire mentir les sondages, puisque les libéraux ont obtenu 50 sièges à l'Assemblée nationale et que la débâcle annoncée du PLQ n'a pas eu lieu.
M. Charest a appelé le nouveau gouvernement qui lui succédera à «absolument poursuivre le Plan Nord» et à travailler pour «continuer de réduire la dette».
Grand-père
Il s'est ensuite lancé dans une énumération rapide de ce qui le rend fier d'avoir été le premier ministre du Québec, notamment en faveur des familles, de la santé, de la lutte contre le décrochage scolaire, ou encore de l'accès des femmes aux plus hautes fonctions de l'État.
Puis, solennelle, il a tenu à remercier sa femme, Michelle Dionne et a dit voir un signe dans le fait qu'il va bientôt être grand-père. À ce moment-ci de son discours, Jean Charest a été submergé par l'émotion. Et il lui a fallu quelques secondes avant de conclure.
L'ex-premier ministre a été battu mardi dans sa circonscription de Sherbrooke par le candidat du Parti québécois Serge Cardin. Il était député de ce comté depuis 1998 et premier ministre du Québec depuis 2003.
Mardi soir, lors de son discours de défaite, M. Charest avait dit assumer «l'entière responsabilité du résultat», et avait laissé entendre qu'il n'était pas prêt à se retirer de la vie politique. «Je vous donne rendez-vous pour que nous puissions, ensemble, continuer ce travail», avait-il en effet lancé avant de quitter l'estrade.
Il en a pourtant décidé autrement, avec l'assentiment «unanime» de sa famille politique.
« Je rentre maintenant à la maison, et vous remercie de ce privilège de m'avoir permis d'être votre premier ministre», a conclu Jean Charest, après une déclaration d'environ 10 minutes.
Il est reparti seul par l'escalier du foyer de l'Assemblée nationale pour rejoindre ses proches, sans répondre aux questions des journalistes.