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Élections 2012

Les espoirs de la CAQ anéantis

Agence QMI  Jean-Luc Lavallée
05/09/2012 00h02 

 
 
Élections 2012 - Les espoirs de la CAQ anéantis
François Legault 
Axel Marchand-Lamothe / Agence QMI

REPENTIGNY - Les ambitions de François Legault, qui avait placé la barre très haut, ont été anéanties. Les caquistes ont hérité du troisième rang, décrochant seulement une vingtaine de sièges.

Même si la Coalition avenir Québec a recueilli 27% des suffrages exprimés, un résultat fort respectable, ces appuis ne se sont pas traduits en nombre de sièges. Plusieurs militants ont d'ailleurs remis en question le mode de scrutin, mardi soir. La CAQ formera donc la deuxième opposition à l'Assemblée nationale.


La consternation était au rendez-vous et la déception se lisait sur de nombreux visages au rassemblement de la Coalition avenir Québec à Repentigny pendant le dépouillement.

L'élection du chef de la CAQ, dans L'Assomption, et celle du candidat vedette Jacques Duchesneau (Saint-Jérôme) auront procuré les meilleurs moments de la soirée aux militants réunis, à l'instar de la défaite de Jean Charest qu'ils ont soulignée avec des applaudissements nourris.
Le chef de la CAQ fondait beaucoup d'espoirs sur la première campagne électorale de sa nouvelle formation politique, mais les espoirs se sont rapidement envolés. Il avait même prédit la troisième place au PLQ, qui a finalement nettement mieux performé.

Réaction de Legault

«Quelle aventure incroyable ! En seulement neuf mois, on a réussi à fonder un nouveau parti politique, à mener une féroce bataille électorale, bravo ! Le défi était énorme, on avait des preuves à faire, mais les résultats font la démonstration que la Coalition est là pour rester. La victoire nous a échappé de quelques points de pourcentage. C'est partie remise pour la Coalition avenir Québec», a déclaré François Legault en fin de soirée, apparaissant nullement ébranlé.

Il a d'abord félicité Jean Charest «pour tous les efforts qu'il a faits pour essayer de faire avancer le Québec», Françoise David «qui va ajouter à la diversité [parce que] c'est bon pour la santé de la démocratie» et enfin Pauline Marois, qui «marque une page d'histoire pour le Québec».

«Je veux aussi remercier tous les Québécois qui ont fait confiance à la Coalition, c'est quand même pas rien, 27 % pour un nouveau parti ! Désormais, le paysage politique du Québec n'est plus le même. On assiste à l'avènement d'une nouvelle force politique. On a réussi à faire une campagne extraordinaire compte tenu des moyens modestes qu'on avait.»

Une opposition «constructive»

François Legault avait déjà déclaré qu'il ne serait «pas patient» avec un gouvernement minoritaire. Il laissait sous-entendre qu'il serait prêt à le faire tomber rapidement, mais mardi soir, il a adouci son discours, offrant à Pauline Marois sa collaboration. Son opposition sera « constructive », a-t-il promis, ajoutant qu'elle sera aussi « vigoureuse » et «redoutable», a-t-il toutefois prévenu.

Le chef de la CAQ a également promis d'élever le niveau des échanges à l'Assemblée nationale, déplorant les « attaques personnelles et le dénigrement des adversaires » en chambre.

Aucun complexe

François Legault a toujours cru en ses chances de devenir premier ministre. Il avait prédit qu'une « nouvelle ère » allait enfin commencer lorsqu'il est allé voter en matinée dans L'Assomption, évoquant une « journée historique » à son avantage. Il n'aura souffert d'aucun complexe dans les 35 derniers jours.

Malgré les controverses qu'il a alimentées (ses déclarations sur les Asiatiques, les femmes, les jeunes qui font «la belle vie», sa promesse d'abolir 7 000 postes dans la fonction publique), le chef caquiste n'a manifesté aucun regret lors de son autocritique la veille. Il n'en avait aucun sur scène également lors de son discours en soirée, retenant plutôt le travail accompli en si peu de temps.

Celui qui disait incarner le « vrai changement » a souvent rappelé les moyens relativement limités de sa jeune formation politique qui est née d'une fusion avec l'ADQ il y a moins d'un an. La CAQ n'aura probablement même pas dépensé 3,5 millions $, a-t-on fait savoir, alors que le DGE avait autorisé un plafond de dépenses électorales de 11 millions $.

Dans les circonstances, la Coalition avenir Québec en aura surpris plus d'un. La CAQ, seul parti qui a progressé dans les sondages, a su imposer le thème de la corruption en début de campagne (alors qu'on prédisait pourtant une élection référendaire sur les droits de scolarité) et avait pris du galon, devenant instantanément plus crédible en annonçant les candidatures de Jacques Duchesneau et Gaétan Barrette.

Ce dernier a toutefois mordu la poussière dans Terrebonne, battu par le jeune député péquiste Mathieu Traversy qui a conservé son siège.



 
 


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