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Legault défend ses candidats qui ont fait faillite

L’ÉPIPHANIE – François Legault a dû défendre, dimanche, les 14 candidats de son équipe qui ont déjà déclaré faillite. Il a déploré que des péquistes s’activent sur les réseaux sociaux pour les dénigrer alors qu’ils ont tous été «réhabilités».

Après avoir déclaré, plus tôt dans la journée à Bécancour, qu’il y en avait «beaucoup moins» que 14, en réaction à la liste qui circulait sur Twitter, le chef de la CAQ s’est ravisé en après-midi et a dû admettre son erreur.

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«Je connaissais trois candidats qui ont, effectivement, fait des faillites d’entreprises. Les autres, ce sont des faillites personnelles. Je n’étais pas au courant», a-t-il confessé. «Brigitte Legault (sa directrice de campagne) le savait mais elle ne m’avait pas mis au courant, mais je suis d’accord avec sa décision d’accepter quand même des personnes qui ont été réhabilitées», a renchéri le chef caquiste.

Il a souligné que certains d’entre eux avaient fait faillite dans la foulée d’un divorce. «Ça ne rend pas moins honorable une personne surtout si elle a été réhabilitée. J’vous rappelle que Pierre Péladeau a fait une faillite et il est pour moi un homme admirable.» Précisons qu’aucun candidat vedette de la CAQ ne figure dans cette liste intitulée «Les gestionnaires de rêve de la CAQ», relayée sur les réseaux sociaux.

Un parallèle avec Robert Piché

En matinée, M. Legault était visiblement contrarié d’avoir à répondre aux questions des journalistes sur ce sujet qu’il ne jugeait pas pertinent. «Rappelez-vous, quand j’étais à Air Transat, j’avais embauché le commandant (Robert) Piché qui avait un passé (criminel) mais qui avait été réhabilité et il fait partie des 10 % ou 20 % de pilotes qui auraient été capables de faire ce qu’il a fait, c’est un excellent pilote et il a sauvé des vies donc tout le monde a le droit d’être réhabilité», avait-il plaidé.

M. Legault a souvent rappelé, depuis le début de la campagne, que son équipe était composée à 49 % de candidats provenant du milieu des affaires. Cela augmente donc les possibilités de compter, dans ses rangs, plus de personnes ayant déjà fait faillite, a-t-il fait valoir. «C’est certain qu’on est l’équipe qui a le plus d’entrepreneurs. Quand un entrepreneur prend des risques en affaires, parfois c’est positif, des fois c’est négatif.»

Le «goût du risque»

Très à l’aise avec l’historique de faillites de ses candidats, le chef de la Coalition avenir Québec veut même redonner le «goût du risque» aux Québécois qui ont «parfois peur de l’échec» et n’osent pas entreprendre. «Il faut réapprendre à prendre des risques. Ce qui est important, c’est la moyenne au bâton.»

Un modèle qu’on peut appliquer à la gestion de l’État? «Ça prend toujours des risques calculés, surtout quand on gère par exemple la Caisse de dépôt mais si on ne prend pas de risques, on n’aura pas de rendement. Le risque est proportionnel au rendement.»

Des faillites aussi au PQ

La chef péquiste a indiqué que «quatre ou cinq» de ses candidats, à sa connaissance, avaient déjà fait faillite. «Ça ne devrait pas disqualifier les personnes en cause parce qu’on peut parfois, dans la vie, vivre un évènement comme celui là.»

«Par contre quand on se présente comme un bon gestionnaire, comme M. Legault le fait, je pense qu’il pourrait se garder une petite gêne», a-t-elle lancé en point de presse à Saint-Jérôme.

Réaction de Charest

Appelé à commenter le nombre apparemment élevé de faillites chez des candidats de la CAQ, le chef libéral, Jean Charest, a nargué François Legault. S’il souhaite mener le Québec «comme une business», il doit «expliquer l’apparente contradiction».

Riposte de Legault

Le chef caquiste n’a pas digéré l’attaque de Pauline Marois, considérant que son époux, Claude Blanchet, est impliqué d’une certaine façon dans la faillite commerciale de l’un des candidats caquistes, Stéphane Le Bouyonnec (La Prairie). M. Blanchet était à la tête de la SGF (Société générale de financement), qui a investi 12 millions $ dans la mésaventure du centre de divertissement Métaforia qui a fait faillite à Montréal au début des années 2000.

«Est-ce que Mme Marois a quelque chose à dire contre Stéphane Le Bouyonnec? Demandez-lui… On pourrait parler de la Gaspésia où son mari était impliqué… À un moment donné en affaires, c’est important de prendre des risques et parfois, ça ne vire pas du bon côté, ce qui est important, c’est la moyenne au bâton», a-t-il répété, en marge de l’une de ses huit activités de campagne de la journée.

Le chef de la CAQ, qui mène un blitz de fin de campagne, avait un programme chargé avec de nombreux bains de foule à Trois-Rivières, L’Épiphanie, Notre-Dame-des-Prairies, Laval et Lavaltrie.

Ironiquement, la CAQ et le PQ avaient prévu un arrêt en même temps au même restaurant de Lavaltrie en soirée mais le PQ a changé son itinéraire, évitant ainsi la confrontation. «Ils cherchent un resto où ils vendent de la viande de caribou...», a rigolé M. Legault.



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