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Loi 101 dans les cégeps

Marois est sur la défensive

Agence QMI 
Marianne White
01/09/2012 14h26 

 
 
Loi 101 dans les cégeps - Marois est sur la défensive
Pauline Marois 
Photo Maxime Deland / Agence QMI

CHÂTEAUGUAY - Pauline Marois s'est retrouvée sur la défensive samedi au sujet de son intention ferme d'appliquer la loi 101 aux cégeps et aux écoles de formation professionnelle qui a causé une levée de boucliers dans la communauté anglophone.

Lors d'un bain de foule dans un marché public à Châteauguay, la chef péquiste s'est fait interpeler par un représentant de la commission scolaire anglophone New Frontier qui offre des cours professionnels aussi aux francophones.


Quand Mme Marois lui a lancé à la blague que François Legault devrait suivre son cours d'entretien de caravane, il lui a répliqué du tac au tac que ce sera impossible si elle est élue.

« Il ne pourra pas venir, car il est francophone, a dit Chuck Halliday à Mme Marois. Si vous gagnez, on n'aura pas la chance d'offrir nos cours aux francophones. »

« On trouvera bien des façons de s'entendre », lui a-t-elle répondu.

En point de presse par la suite, la chef péquiste est demeurée ferme sur son intention d'étendre la Loi 101 aux cégeps et aux écoles professionnelles, ce qui empêchera des milliers de francophones et d'allophones d'étudier en anglais dans ces institutions publiques.

« L'argent public ne doit pas servir à angliciser les Québécois », a dit Mme Marois.

Elle a cependant tenté de calmer le jeu en affirmant qu'elle pourrait offrir de l'aide aux commissions scolaires anglophones qui seront aux prises avec une baisse de leur clientèle.

« Il faut les aider à mieux servir la communauté anglophone et dans ce sens-là on ne les lâchera pas », a-t-elle dit.

La leader péquiste n'a cependant pas expliqué davantage comment elle pourrait les aider si elle ne veut pas y injecter de fonds publics.

Elle a affirmé qu'elle continuerait de respecter les droits de la « minorité anglo-québécoise », rappelant qu'elle avait mis sur pied les commissions scolaires linguistiques lorsqu'elle était ministre de l'Éducation.
« S'il y en a une qui a respecté la communauté anglophone, c'est bien moi », a insisté la chef péquiste.
Pauline Marois a par ailleurs affirmé qu'elle n'était pas surprise que les quotidiens anglophones « The Gazette » , « National Post » et « The Globe and Mail » aient pris position en faveur de la Coalition avenir Québec.

« Ces grands quotidiens font le choix de M. Legault, c'est celui qui leur fait le moins peur pour défendre les intérêts du Québec », a-t-elle dit, affirmant qu'un vote pour la CAQ c'est faire « un cadeau à Stephen Harper ».

La chef péquiste a soutenu que si elle est élue mardi, elle entretiendra de bonnes relations avec ses voisins des autres provinces.

« Cependant on va pas s'excuser d'être ce que l'on est et nous allons défendre nos intérêts et faire avancer le Québec », a-t-elle dit.

La chef péquiste a entamé samedi son blitz de fin de campagne. Elle a visité cinq municipalités en Montérégie avant de terminer la journée à Magog, en Estrie.

Après avoir parcouru environ 9000 kilomètres depuis le début de la campagne et serré des milliers de mains, la chef péquiste est confiante de réaliser le rêve qu'elle caresse depuis 1985, alors qu'elle se lançait dans la course à la succession de René Lévesque.

« Je suis très confiante, a-t-elle dit. Je n'ai jamais vu depuis la mi-décennie 1990 autant d'enthousiasme pour le Parti québécois partout sur le territoire. Ça signifie quelque chose ça. »

Conseil de la fédération : Marois y siègerait

Si elle est élue mardi, Pauline Marois compte siéger au Conseil de la fédération qu'elle voulait pourtant abolir.

La chef péquiste a soutenu samedi qu'elle utiliserait cette tribune mise en place par Jean Charest pour faire valoir ses idées.

« Je n'ai jamais pratiqué la politique de la chaise vide. Alors partout où il y a des forums où je peux défendre le point de vue des Québécois, je vais être dans ces forums », a-t-elle dit, ajoutant du même souffle que jusqu'à maintenant, le conseil n'avait pas « donné de grands résultats ».

Jusqu'à récemment, la chef péquiste était pourtant en faveur de l'abolition de l'organisme visant à promouvoir la fédération canadienne et doté d'un budget de quelque 5 millions $.

En début de campagne, elle avait qualifié l'organisme d'inutile et même laissé entendre qu'elle pourrait utiliser une partie de ces fonds pour faire la promotion de la souveraineté.

La chef péquiste a laissé entendre samedi que le budget dédié au Conseil de la fédération pourrait être amputé.

« C'est tout à fait possible que le budget change », a dit Mme Marois.

Elle s'est défendue d'adhérer à un club de défense de la fédération canadienne qui a toujours été méprisé par les souverainistes.

« Jamais on ne m'accusera de ne pas être dans les forums où je peux faire valoir le point de vue des Québécois, au risque parfois d'être en désaccord avec mes collègues, ce qui sera sûrement le cas », a-t-elle expliqué.




 
 


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