L'ex-député libéral d'Orford Robert Benoît s'attend à une dégringolade du Parti libéral du Québec, et même à pire, le 4 septembre.
«Le Parti libéral du Québec sera balayé de la carte électorale, a affirmé, vendredi, M. Benoît. Ce n'est rien de moins que le purgatoire qui attend l'équipe de Jean Charest.»
À quelques jours du scrutin, celui qui a déjà aussi été président du PLQ se désole de la tournure des événements. Sa prédiction colle à celles des derniers sondages qui placent les libéraux troisièmes dans les intentions de vote des Québécois.
«Madame Marois sera première ministre. Il n'y a aucun doute dans mon esprit», affirme le militant de 66 ans.
M. Benoît est d'avis que la chute du Parti libéral sera brutale. «Le parti libéral disparaîtra pour un bon bout. Je crois que ce sera une réplique de 1976. Un parti qui n'aura plus de chef, plus d'argent et très peu de membres puisqu'il n'y a pas eu de convention nulle part.»
L'ancien député libéral d'Orford de 1989 à 2003 a peine à se reconnaître dans le parti pour lequel il a longuement milité. «Depuis la bataille d'Orford, je suis déçu. Cela me rend triste, car ce parti a été un grand parti dans l'histoire du Québec, sous Claude Ryan et Robert Bourassa. Il y a quelques années, j'avais dit que le parti libéral était devenu une machine à ramasser de l'argent. Je pense que je ne m'étais pas trompé beaucoup à ce moment-là.»
Le militant indécis
Alors que le Parti libéral tire de l'arrière dans les sondages, lui-même avoue se trouver dans le clan des indécis. «Je vais garder ma décision jusqu'à la dernière minute, mais oui, je fais partie des indécis en ce moment.» Pour une première fois de sa vie, ajoute-t-il, d'ailleurs.
«La crise étudiante a été pour moi la goutte qui a fait déborder le vase. M. Charest a joué la division totale entre les jeunes et les vieux. Il a favorisé l'affrontement et cela a été ma grande déception.»
L'ex-député a sondé son voisinage. «Plusieurs ont pris la décision de ne pas voter libéral, mais ils sont encore hésitants à accorder leur vote au Parti québécois ou à la CAQ. Dans beaucoup de cas, la décision qui est prise est celle de ne pas voter libéral.»
La circonscription d'Orford pourrait peut-être, aux yeux de l'ex-député, échapper à la dégringolade du Parti libéral. Il est d'avis que le député sortant Pierre Reid, celui-là même qui lui a succédé, pourrait être l'un de ceux de cette formation politique à être reporté au pouvoir.