QUÉBEC – Foi de François Legault, les libéraux ne réussiront pas à décrocher un quatrième mandat consécutif. C’est « impossible », a prédit, vendredi, le chef caquiste, qui appuie ses prévisions sur la chute du PLQ dans les sondages.
À quatre jours du scrutin, le chef de la Coalition avenir Québec a été piqué au vif par une déclaration de Jean Charest qui écarte totalement la CAQ de la course au pouvoir, alors que le chef libéral laisse pourtant entrevoir pour la première fois la possibilité d’un gouvernement péquiste.
« Dans ce que je vois, le 4 septembre, il y a deux possibilités : un gouvernement libéral ou un gouvernement péquiste. Ce ne sera pas caquiste. Faites le tour du Québec, la CAQ n'est pas dans l'île de Montréal, elle n'est pas dans l'Outaouais, ni dans l'Estrie, ni dans l'est du Québec, ni dans le Saguenay, ni en Abitibi. Ils ne sont pas présents, ils sont concentrés à certains endroits », a déclaré le chef libéral en entrevue éditoriale à La Presse.
« Faux », s’insurge Legault
« Ça se peut tu qu’en disant ça, il pense aller chercher un appui du vote anglophone? » a riposté François Legault, lors d’un point de presse à Québec, dans Louis-Hébert, le fief du ministre sortant Sam Hamad.
« Ce qu’il dit, c’est faux. Actuellement, avec l’appui des libéraux chez les francophones, c’est impossible de penser que le 4 septembre, on va avoir un gouvernement du Parti libéral », a-t-il observé.
« C’est devenu impensable (pour le PLQ). Le retard est trop grand à rattraper. La Coalition avenir Québec peut de façon très réaliste former un gouvernement le 4 septembre et Jean Charest ne dit pas la vérité lorsqu’il dit que c’est impossible… y’est pas fiable! » a-t-il lâché à la rigolade, se disant même confiant de former un gouvernement majoritaire et de faire des gains sur l’île de Montréal, où il a ressenti une « effervescence ».
Un nouveau sondage CROP révélait vendredi matin des résultats pratiquement identiques au dernier coup de sonde de la même firme. Les appuis à la CAQ semblent plafonner. Le PQ garde la tête avec 32 %, devançant la CAQ à 28 % et les libéraux à 26 %. Un sondage Léger Marketing réalisé pour l’Agence QMI les 23 et 24 août en arrivait à des pourcentages très semblables, après répartition des indécis : 33 % pour le PQ, 28 % pour la CAQ et 27 % pour le PLQ.
Appel aux Québécois
S’inspirant de l’appel aux souverainistes de Pauline Marois et de l’appel aux fédéralistes de Jean Charest en cette fin de campagne électorale, le chef de la CAQ a lancé son propre appel aux Québécois.
« Moi, ce que je veux proposer aux Québécois, c’est de l’espoir, de la détermination, du courage », a déclaré M. Legault, déplorant la « campagne négative » des deux autres principaux partis qui cherchent à provoquer la division. Il a martelé son message et rappelé l’ensemble de ses promesses destinées principalement aux familles de la classe moyenne.
« Faut rassembler les Québécois pour être capable de faire le ménage dans la bureaucratie, se débarrasser de la corruption, investir nos économies pour donner plus de services à nos enfants dans les écoles, donner un médecin de famille à chaque Québécois (et) réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne en réduisant leurs impôts de 1000 $ », a-t-il énuméré, disant incarner le « vrai changement ».
M. Legault, par ailleurs, s’est défendu d’être « populiste » même si ses adversaires le lui reprochent souvent en raison de ses formules chocs et de la simplicité de ses promesses. « Je n’aime pas ce qualificatif. Moi, j’aime mieux dire qu’on s’occupe des préoccupations des Québécois », a-t-il répondu.
La CAQ s’en va au Royaume
Le chef de la CAQ, qui a mené l’essentiel de sa campagne entre Montréal et Québec, se rendait au Saguenay-Lac-Saint-Jean, vendredi. Des arrêts sont prévus à Chicoutimi, Jonquière, La Baie et Alma.
De toute évidence, François Legault n’a pas l’intention de mettre les pieds en Gaspésie, sur la Côte-Nord ou en Abitibi-Témiscamingue.
« Avant la campagne, j’ai fait les 17 régions du Québec parce qu’on savait qu’il y a des coûts associés à l’avion pour aller dans certaines régions dans un délai raisonnable, mais on est allé dans les Laurentides, dans Lanaudière, à Montréal, à Laval, en Montérégie, dans le Centre-du-Québec, en Mauricie. On s’en va au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on est à Québec (au moment du point de presse), on est allés en Chaudière-Appalaches et on est allés dans le Bas-Saint-Laurent, on a quand même fait pas mal de régions », a-t-il dit pour se justifier, vendredi matin.