QUÉBEC - François Legault vient de se mettre à genoux devant les associations étudiantes par opportunisme électoral, dénonce le chef libéral Jean Charest.
La moutarde est montée au nez du premier ministre sortant, mardi matin, au sujet de la promesse formulée par le chef de la CAQ qui se dit prêt à moduler la hausse de droits de scolarité à l'université, une semaine avant l'élection du 4 septembre.
Jean Charest lui a reproché de reculer sur des positions prises par la députation caquiste, à l'Assemblée nationale, au plus fort de la tourmente étudiante du printemps dernier.
«François Legault a appuyé la position du gouvernement du Québec sur les droits de scolarité. Ses députés ont fait des propositions pour la Loi 78 que nous avons adoptées. En pleine campagne électorale, il n'est pas capable de tenir la même position. Là, il n'est plus en faveur de la loi 78 et il change sa position sur les droits de scolarité à quelques jours des élections.
«Il avait mis un genou à terre et là il a mis l'autre genou à terre (...) Est-ce qu'il croyait ce qu'il disait le printemps dernier quand il appuyait le gouvernement? Est-ce qu'il disait ça parce qu'il pensait que c'était ce que les Québécois voulaient entendre.
«Un gars qui n'a pas de conviction ni de position; c'est le même François Legault qui dit qu'il n'a pas d'opinion sur l'avenir du Canada, il est neutre», a fulminé Jean Charest.
Chicane
Par ailleurs, Jean Charest a déploré le fait que les tensions aient repris sur les campus de l'UQAM, où 16 personnes ont été arrêtées ce matin et à l'Université de Montréal à l'occasion de la rentrée scolaire.
«Tout le monde a compris qu'ils ne sont pas d'accord avec la hausse des droits de scolarité, a-t-il dit au sujet des étudiants arrêtés. Sauf que c'est assez. À une semaine du vote, on devrait permettre aux Québécois de s'exprimer sans verser dans l'intimidation. J'espère que ce message-là va être accepté», a plaidé le chef libéral
M. Charest a invité les directions des universités à se prévaloir de la Loi 78 en cas de perturbation. Il a aussi souhaité que les heurts survenus sur les campus depuis mardi ne soient pas associés au Parti libéral. «C'est aux institutions, avec la Loi 78, de poser les gestes nécessaires. J'espère que personne n'insinuera qu'à voter pour un tel parti (plutôt que pour un autre), la chicane va continuer. Traduit dans un autre langage ça veut dire menacer les Québécois. Quand la population s'exprime sur une question comme celle-là, je pense que tout le monde doit accepter la voix de la population», a dit M. Charest.