« C'est pas mal plus long pour adopter les politiques, pour prendre des décisions et parfois il y en a qui sont carrément empêchées et c'est ce que je ne veux pas qui arrive », a ajouté la leader souverainiste.
Mme Marois a incité les étudiants à aller voter massivement et leur appui pourrait être déterminant dans sa lutte pour obtenir une majorité.
« Je les invite à y réfléchir. Moi je veux les abolir, mais vous savez très bien à quelle lutte ça pourrait donner lieu à l'Assemblée nationale », a-t-elle soutenu, rappelant que les libéraux et la CAQ sont pour la loi spéciale et la hausse des droits de scolarité.
Gratuité scolaire
La chef péquiste a par ailleurs fermé la porte à la gratuité scolaire prônée par Québec solidaire et Option nationale, deux partis qui courtisent fortement le vote étudiant et souverainiste.
Il s'agit d'un changement de cap pour la chef péquiste qui avait promis en mai que toutes les options seraient sur la table lors du sommet sur l'éducation postsecondaire qu'elle veut tenir, même si elle penche en faveur d'une indexation.
« Je dis aux étudiants, s'ils appuient le PQ nous allons annuler la hausse de droits de scolarité », a-t-elle répondu à une question en anglais.
« Mais je ne peux pas dire à la population du Québec qu'il est possible d'avoir la gratuité scolaire et c'est ce que je dis aux gens qui sont tentés de voter pour Québec solidaire. Si on fait ça, on ne fera rien d'autre », a-t-elle précisé.
Elle a convenu que la crise étudiante était toujours latente comme « un feu qui dort sous la cendre ».
Elle a par ailleurs invité les étudiants qui continuent de perturber la rentrée scolaire à respecter la loi spéciale, même si elle est « ignoble ». Son message aux professeurs qui se sentent solidaires des étudiants toujours en grève est le même.
« Je les comprends leur malaise (…) mais je n'ai qu'une chose à dire comme élue et comme citoyenne même, on doit respecter les lois », a-t-elle indiqué.
Spectre « libéralo-caquiste »
Mme Marois a brandi lundi matin le spectre d'une coalition « libéralo-caquiste » car les deux partis sont « très comparables » selon elle à plusieurs égards.
« Un gouvernement minoritaire pourrait se heurter à cette coalition de gens qui nous empêcherait d'appliquer des politiques audacieuses et progressistes », a-t-elle dit, soulignant qu'il serait facile pour eux de voter contre les projets de loi d'un gouvernement péquiste minoritaire.
Interrogée sur la possibilité de former une alliance avec des élus de Québec solidaire si elle est minoritaire, Mme Marois l'a écartée.
« On leur a beaucoup parlé dans la dernière année, et moi j'ai décidé maintenant de parler à la population québécoise », a-t-elle dit.
La chef péquiste a soutenu qu'elle demeurait sereine malgré les derniers jours difficiles où elle a dû corriger le tir à plusieurs reprises sur des enjeux de taille pour le PQ.
« Je reste confiante, très sincèrement, même au moment où ça a été un petit peu plus difficile », a-t-elle confié.
En visite dans Nicolet-Bécancour
Mme Marois a par ailleurs fait campagne lundi dans la circonscription de Nicolet –Bécancour en compagnie de son candidat Gilles Mayrand qui affronte Jean-Martin Aussant d'Option nationale.
Le candidat péquiste s'est dit « déçu » de l'appui de l'ancien chef péquiste Jacques Parizeau à M. Aussant.
Il a ajouté que la bataille sur le terrain se jouait davantage contre la CAQ, que contre M. Aussant.
« Ça bataille ferme avec la CAQ. Le comté n'est pas un comté de gauche, c'est plus de centre », a dit M. Mayrand.
Son collègue Yves-François Blanchet dans Johnson a aussi martelé le message de sa chef en faveur d'un gouvernement majoritaire.
Il a dit que la possibilité d'un gouvernement minoritaire le motivait à travailler davantage.
« Cette crainte-là est un carburant en campagne », a-t-il dit.
En dépit des sondages qui mettent le PQ bon dernier dans les intentions de vote dans la région de Québec, Mme Marois a dit qu'elle avait « besoin » des gens de la ville dans son gouvernement.