L'épidémie de légionellose qui vient de causer la mort de six personnes à Québec est la faute du gouvernement péquiste qui était aux commandes pendant les années 1990, accusent les libéraux.
En poste depuis 2003, les libéraux ne sont nullement embarrassés par la propagation de cette bactérie qui proviendrait des tours de refroidissement placées sur des édifices de plus de trois étages. Après avoir exprimé sa compassion envers les personnes atteintes et leur familles, le premier ministre Jean Charest a préféré samedi laisser son ministre de la Santé, Yves Bolduc, exprimer la position du gouvernement sortant.
«C'est en 1996 que s'est produit (la précédente) éclosion de légionellose; le rapport est sorti en mars 1997. S'il y a des gens qui ont été embarrassés, c'est (sic) ceux qui étaient responsables du réseau de la santé à l'époque et qui n'ont rien fait ou peu fait», a déclaré M. Bolduc qui accompagnait le chef libéral dans la région de la Montérégie.
Les premiers cas de légionellose à frapper Québec ont été signalés vers la mi-juillet et n'ont pas cessé de se multiplier depuis. «Une mesure qui n'a pas été mise en place, c'est la création de normes. Les gens ont eu six ans pour finaliser le dossier et ne l'ont pas fait.»
«Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en 2003, on ne pouvait pas débusquer tout ce qui ne s'était pas fait auparavant. Si vous avez des questions à poser, allez demander à ces gens-là pourquoi ça n'a pas été fait. Ils étaient responsables de finaliser le dossier (...) Ne venez pas nous mettre sur le dos des choses qui datent (sic) avant.», a dit M. Bolduc.
Mea culpa
Pour sa part, le chef de la CAQ, François Legault, qui a fait partie du gouvernement péquiste de 1998 à 2003, prend une partie du blâme. «Jamais personne, malheureusement, ne m'a mis au courant. (Mais) la personne qui était responsable de la Régie du bâtiment et du rapport qui a été fait aurait dû agir plus rapidement, donc on est tous responsables. J'ai fait partie de ce gouvernement-là et je prends ma part de responsabilité», a dit M. Legault.
21 cas de plus
Vendredi, le maire de Québec Régis Labeaume a déploré que le gouvernement du Québec n'ait pas réagi au rapport vieux de 15 ans qui recommandait de prendre des précautions.
Le gouvernement a annoncé vendredi qu'il rendrait obligatoire, à partir de cet automne, l'entretien des tours de refroidissement des édifices. Le Département de la santé publique avait recensé samedi 102 cas de légionellose (21 de plus que la veille) dans la ville de Québec.
«Le plus important est de s'occuper des patients et surveiller les nouveaux cas. Il va y en avoir de nouveaux parce qu'il y a eu de l'incubation (...) On va regarder ce qui doit être fait pour s'assurer que cette situation ait peu de chance de se reproduire», a dit M. Bolduc.