QUÉBEC - «Pauline Marois est une femme généreuse, tenace et sans rancune comme on en voit rarement en politique. Elle donne toujours le meilleur d'elle-même pour servir ses concitoyens. De plus, c'est une femme d'équipe».
Gageons que François Legault ne répétera pas, mercredi soir, cet hommage appuyé tiré de sa conférence de presse du 25 juin 2009, jour de l'annonce de sa démission de son poste de député. «La collaboration était toujours de mise entre elle et moi dans tous les dossiers de nature économique. Je ne peux que lui souhaiter bonne chance dans la réalisation de ses objectifs», avait ajouté l'ancien représentant de Rousseau.
Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts en trois ans. L'actuel chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) voterait non à un référendum sur la souveraineté, a-t-il récemment admis. Il veut désormais incarner le changement par rapport aux «deux vieux partis» que sont, à ses yeux, le Parti libéral et le Parti québécois.
À quoi doit-on s'attendre de la confrontation de ces anciens complices qui ont longtemps siégé ensemble en conseil des ministres et qui ont participé, côte à côte, à d'innombrables caucus péquistes ?
Les enjeux
Sans surprise, un stratège caquiste bien en vue s'attend à ce que la question nationale domine ce dernier débat des chefs de la campagne. «Ça va être «tough» sur le plan émotif parce que les deux se connaissent bien et ont travaillé ensemble de façon très intime, prévoit-il. Chez les péquistes, il y a une idée assez répandue voulant que quelqu'un qui quitte le PQ soit un traître à la nation.»
Au parti de Pauline Marois, on rejette ces accusations du revers de la main. On se dit surtout «satisfaits» que François Legault ait nettement choisi son camp. «Charest a tout fait pour décrire Legault comme un souverainiste et l'envoyer sur notre terrain. Là, les choses sont bien claires pour les électeurs», s'est félicité un haut placé du PQ.
Un autre enjeu de la confrontation risque fort d'être «la taille de l'État», croient les protagonistes. «On va expliquer que le PQ a les mains attachées avec les syndicats», annonce un caquiste. «On a toujours travaillé pour l'intérêt des Québécois. Nos mains ne sont liées à personne», rétorque énergiquement un responsable du PQ.
Ce dernier s'attend par ailleurs à ce que la question du cadre financier - non encore dévoilé par le PQ - revienne sur le tapis. «Nous avons notre plan de match et nous allons le dévoiler en même temps que notre dernière promesse électorale, assure-t-il. Notre cadre financier sera solide. Ce ne sera pas un leurre.»
Chose certaine, les deux adversaires s'accordent à dire que les Québécois «n'aiment pas la chicane». Ils espèrent que le débat sera plus «civilisé» et moins cacophonique que celui ayant opposé, lundi soir, Jean Charest à Pauline Marois.