Duchesneau s'attend à des coups bas


Jean-Luc Lavallée

Dernière mise à jour: 19-08-2012 | 13h36

MONTRÉAL – Jacques Duchesneau s'attend à des coups bas lors du premier débat des chefs ce dimanche soir. Des squelettes dans le placard, des «lapins» sortis d'un chapeau, des «pseudo scandales»? François Legault sera prêt à y faire face, promet-il.

L'ancien patron de l'Unité anticollusion «représente» le chef de la CAQ sur le terrain et dans les médias dimanche, afin de lui permettre de se préparer à son baptême de feu en soirée. Il s'attend à un bon combat, «a good fight», a-t-il répondu en anglais, et anticipe même des attaques sournoises des autres chefs lors du premier affrontement télédiffusé.

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La CAQ, seul parti qui a enregistré des gains substantiels dans les intentions de vote depuis le début de la campagne, sera une cible. Quelqu'un va-t-il sortir un lapin de son chapeau, comme Mario Dumont l'avait fait en 2007 en brandissant des notes de service sur l'état du viaduc de la Concorde avant son effondrement?

«Il faut s'y attendre… on va tenter de trouver des lapins jusqu'à la fin. Moi, je dis aux gens : quand on va vous sortir un lapin comme ça, allez au-delà des mots et posez-vous la question pourquoi on sort un lapin comme ça?» a déclaré Jacques «Eliot Ness» Duchesneau, qualifié d'« incorruptible » à moult reprises par son chef depuis le début de la campagne.

La corruption est l'un des principaux enjeux de cette campagne. Les libéraux, qui ont déclenché l'élection en plein été, avant la reprise des travaux de la commission Charbonneau, vont «tenter par tous les moyens de faire dérailler la vérité», croit-il.

François Legault, qui a reçu quelques conseils de M. Duchesneau pour la préparation à ses trois débats (le premier à Radio-Canada et Télé-Québec ce dimanche soir et les deux autres mardi et mercredi à TVA), aura-t-il lui-même une carte explosive dans sa manche? «Écoutez le débat ce soir, ça devrait être intéressant!» a répondu l'ancien chef de police. «M. Legault est prêt, on va le laisser sortir tous les punchs qu'il a préparés pour ce soir donc je ne scooperai pas mon chef.»

Vote pour le PLQ = vote pour le PQ

Jacques Duchesneau en a profité pour lancer une pointe à Jean Charest qui avait déclaré, il y a quelques jours, qu'un vote pour la CAQ, c'est un vote pour le PQ. «Un vote pour le PLQ, c'est un vote pour le PQ», a-t-il riposté, accusant les «vieux partis» de parler beaucoup sans passer à l'action.

«C'est blanc bonnet, bonnet blanc. La différence avec la Coalition, c'est que c'est un nouveau parti qui n'a pas les mains attachées, qui n'a pas les mains entachées donc avec la Loi 1, qui sera mise en place rapidement avec un gouvernement de la Coalition, ça va être une révolution mains propres», a-t-il lâché.

Les libéraux «culbutent», selon Deltell

Gérard Deltell s'attend aussi à des attaques ciblées contre François Legault puisque la CAQ a «gagné» les deux premières semaines de la campagne. «C'est clair. On a complètement fait dérailler nos adversaires, on a imposé notre plan de match et les autres se sont accrochés à ce que nous avons initié, tant mieux!» a-t-il déclaré dimanche matin.

«C'est une belle occasion de démontrer que lorsque les adversaires nous attaquent, on est capables de répondre. Il s'est dit des absurdités pendant la campagne, bien là il est temps de réagir!» a renchéri le candidat dans Chauveau. Les adversaires de la CAQ n'ont «pas fait mouche», jusqu'à maintenant, avec leurs «pétards mouillés». Contrairement à M. Duchesneau, il s'attend à un débat plus civilisé.

«Je ne pense pas qu'il va se balancer des vacheries puis je suis persuadé que les chefs vont profiter de l'occasion pour débattre du fond de leurs idées. Je ne pense pas que, dans un débat, ça soit l'occasion pour faire ça. Ça serait malheureux que des gens tombent dans ce piège-là. Parce que les Québécois sont passés à autre chose.»

Lutte à l'homophobie

La CAQ s'est par ailleurs engagée, dimanche matin, à financer de façon récurrente les organismes qui luttent contre l'homophobie, afin de leur permettre de planifier à long terme leurs activités.

«Nous allons aussi nous assurer que les sommes investies le seront aux bons endroits. Ça fait trois ans que le plan des libéraux a été mis en place et on est encore aux prises avec des problèmes qui touchent l'homophobie. La preuve : le comédien et animateur Jasmin Roy est obligé de se battre constamment pour empêcher cette homophobie», a observé M. Duchesneau.

Plusieurs candidats de la CAQ participent dimanche après-midi au défilé de la fierté gaie dans les rues de Montréal.


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