«Le fait de ne pas être invité aux débats télévisés traditionnels, ni d'avoir un temps d'antenne équivalent aux autres chefs de partis représentés à l'Assemblée nationale me fait douter de la santé de notre démocratie», avait déclaré Jean-Martin Aussant, mardi.
L'audition a été entendue mercredi par la Cour supérieure et la décision a été rendue vendredi à 11 h.
Jurisprudence à l'appui, le juge Jean-François Émond s'est rendu à l'argument des diffuseurs et du Directeur général des élections selon lequel un débat politique est une émission d'affaires publiques et que cet article ne s'applique qu'aux cas où les diffuseurs mettent gratuitement du temps d'antenne à la disposition des partis pour qu'ils puissent y diffuser des messages de leurs candidats ou des publicités.
De plus, le juge Émond a rejeté un argument de Jean-Martin Aussant selon lequel l'inviter aux débats ne causerait aucun préjudice aux diffuseurs. Il croit que l'intervention tardive de M. Aussant, plus de 15 jours après l'annonce des débats, forcerait les diffuseurs à revoir le concept de leurs émissions, qui risqueraient d'être retardées ou annulées.
Le juge Émond a donc rejeté avec dépens la demande d'injonction du chef d'Option nationale.
En apprenant la nouvelle, vendredi, le principal intéressé a aussitôt réagi.
«Si le débat donne 37 ou 52 minutes à chaque chef, j'aimerais bien avoir le même temps d'antenne pour faire valoir la plate-forme d'Option nationale, a affirmé M. Aussant, de passage à Shawinigan où les candidats régionaux de son parti étaient réunis. Ce n'est pas un caprice, on veut seulement que la loi soit respectée.
La loi dit clairement que tous les partis représentés doivent avoir le même temps d'antenne. Si nous ne l'avons pas durant le débat, on peut l'avoir ailleurs durant la campagne, même si ça aurait été plus efficace durant le débat. Ailleurs dans la campagne ça respecterait la loi et nous comptons sur la bonne foi des médias.»
Le chef d'Option nationale a ajouté que le législateur devrait clarifier la loi pour que l'esprit de celle-ci soit incontournable. Quelques heures plus tard, dans un communiqué de presse, M. Aussant a indiqué qu'il déposera «dès sa réélection un projet de loi qui visera à clarifier la Loi électorale».
«Il faut faire en sorte qu'on ne puisse plus jamais contourner l'esprit de la loi. La santé de notre démocratie en dépend.»
Selon lui, il est difficile de trouver dans le passé un autre exemple d'un parti représenté à l'Assemblée nationale qui aurait été exclu du débat des chefs.
«Les débats de milieu de campagne sont les meilleurs instruments qui soient pour faire valoir les idées et les projets de chacun des partis présents à l'Assemblée nationale, a-t-il affirmé. Les médias ne peuvent se cacher derrière l'excuse qu'il s'agit d'une émission d'affaires publiques puisqu'il deviendrait trop facile pour eux de favoriser un chef en particulier durant la campagne, ce qui irait clairement contre l'esprit de la loi.»
Bilan de mi-campagne pour Aussant
Le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, était de passage à Shawinigan vendredi pour dresser un bilan de mi-parcours de la campagne du nouveau parti. Pour l'occasion, il était accompagné des cinq candidats de la Mauricie, Charles-Hugo Normand (Trois-Rivières), Gabriel Pelland (Laviolette), Émilie Joly (Champlain), Émilie Viau-Drouin (Maskinongé) et Nathalie Lortie (Saint-Maurice).
«Ça va vraiment très bien. Pour un parti qui n'existait pas il y a huit mois, nous sommes rendus à 4000 membres de partout à travers le Québec. Nous sommes présents dans 123 comtés et nos candidats proviennent de tous les horizons, ce qui est représentatif de toute la population du Québec.»
Appelé à commenter les plus récents sondages qui donnent à Option nationale 3 % au Québec et près de 7 % en Mauricie dans les intentions de vote, Jean-Martin Aussant précise à la blague que c'est tout de même une augmentation de 50 %. «Je pense que notre principal défi est de faire connaître la plate-forme. Tous ceux qui entendent parler de notre projet plus en détail embarquent. Le défi est aussi que les Québécois sachent ce que l'on représente. Nous sommes déjà en train de bâtir pour la prochaine élection.»
Aucun regret pour son ancien parti
Quant à son ancien parti qui ne cesse de prendre du galon dans les récents sondages et qui a des chances de prendre le pouvoir, Jean-Martin Aussant mentionne que, quand il a quitté le Parti québécois, celui-ci se trouvait à 40 % dans les sondages. « Ce n'est pas les mauvais, ni les bons sondages qui m'ont fait quitter ce parti, mais ce sont mes convictions qui m'ont fait partir. »