MONTRÉAL – Alors qu'elle trône en tête des intentions de vote des Québécois, la chef du PQ a indiqué jeudi matin qu'elle a mis en place un comité de transition qui s'active en coulisses depuis plusieurs mois pour préparer son accession au pouvoir.
Pauline Marois a affirmé que si elle est élue le 4 septembre prochain elle aura un plan de match bien en place pour gouverner le Québec.
«On se prépare depuis le début de l'année 2012 parce qu'on craignait que M. Charest ne veuille aller en élections au printemps. Après ça a été repoussé, mais dès ce moment-là j'avais contacté certaines personnes qui sont des gens de grande qualité, qui connaissent bien l'appareil de l'état pour réfléchir avec moi sur l'organisation des comités ministériels, la façon dont sera organisé le conseil des ministres, les mandats, les missions», a dit la leader péquiste.
«Ce sont toutes ces réflexions-là que je leur ai demandé de faire avec moi. Je leur ai donné des orientations assez claires et c'est ce sur quoi travaille le comité de transition qui va aussi précisément du jour 1 jusqu'au jour 20-25-30 pour voir ce qui doit être posé comme gestes lorsque j'entre au gouvernement», a-t-elle dit.
Elle n'a pas voulu préciser qui fait partie de ce comité qui doit s'assurer d'une installation solide du gouvernement péquiste et éviter le vacillement des néophytes.
Pas d'excès de confiance
Mme Marois s'est défendue d'ainsi prêcher par excès de confiance avec les sondages qui montrent qu'elle creuse son avance sur ses rivaux.
«Non, je prêche par excès de responsabilité. Je souhaite que le prochain gouvernement soit un gouvernement majoritaire formé par le Parti québécois et je ne peux absolument pas me permettre d'improviser et d'agir comme un amateur dans une question aussi sérieuse que celle-là», a-t-elle précisé.
Elle a rappelé avoir appris de Jacques Parizeau qui avait «très bien» préparé sa prise de pouvoir avec un comité de transition en 1994.
Mme Marois martèle d'ailleurs depuis le début de la campagne qu'elle a une équipe prête à gouverner qui contient plusieurs candidats ministrables. Elle a indiqué qu'elle allait échafauder son conseil des ministres avec un cercle restreint de conseillers.
Politique énergétique
Après le sommet prévu en éducation, Mme Marois a annoncé jeudi que le PQ lancerait une vaste consultation pour redéfinir la politique énergétique du Québec.
Le but est de diminuer la dépendance au pétrole et Mme Marois a fait siennes les cibles du Réseau des ingénieurs du Québec qui vise une réduction de 30 % de notre consommation d'or noir d'ici 2020 et de 60 % d'ici 2030. Les Québécois dépensent plus de 13 milliards $ par année pour s'approvisionner en pétrole.
Le PQ veut également réduire les émissions de gaz à effet de serre de 25 %, par rapport au niveau de 1990, d'ici 2020.
Mme Marois n'a pas voulu préciser de quelle façon ces cibles seraient atteintes, notant que le tout sera décidé lors de la consultation prévue dans la première année d'un mandat du PQ.
Steven Guilbeault d'Équiterre, qui assistait à la conférence de presse à la Maison du développement durable, a salué l'approche du PQ en ce qui concerne la politique énergétique, mais a émis des inquiétudes sur l'ouverture de Mme Marois à l'exploitation pétrolière au large de la Gaspésie. «Ce n'est pas la voie à suivre», a-t-il commenté.
Candidat sous enquête
Elle a par ailleurs dû défendre un candidat qui est sous enquête du Directeur général des élections du Québec à la suite d'une plainte logée par les libéraux pour des allégations de financement illégal.
Le candidat péquiste René Perreault dans Portneuf a affirmé dans une entrevue dans un média local qu'il avait reçu peu d'argent des entreprises pour financer sa campagne, ce qui est illégal.
Le PQ soutient que le candidat s'est mal exprimé et qu'il a reçu seulement du financement de citoyens.
Mme Marois a affirmé que si l'enquête du DGEQ prouvait quelque comportement répréhensible que ce soit, elle n'hésiterait pas à agir. «Si ça devait être le cas, j'interviendrai», a-t-elle dit.