LÉVIS – L'ancien premier ministre du Québec, Bernard Landry, s'est invité dans la campagne électorale, mercredi, en qualifiant son ex-collègue François Legault d'«arriviste», questionnant son virage à 180 degrés sur la souveraineté.
Outré d'apprendre qu'il voterait non à un référendum, l'ancien premier ministre péquiste s'est dit «bouleversé», expliquant cette volte-face par «un certain arrivisme (et) un certain désir d'ambition personnelle supérieure à l'intérêt national», en entrevue à La Presse canadienne.
«Je n'aime pas utiliser des mots injurieux en démocratie, mais si c'était permis il m'en viendrait beaucoup à l'esprit», a-t-il dit.
Réplique de Legault
La riposte du chef de la CAQ n'a pas tardé en soirée, à Lévis. «Je peux comprendre la frustration du Parti québécois et de Bernard Landry. On a vu hier (mardi) la frustration du Parti libéral. Je suppose que les appuis à la Coalition doivent les déranger », a-t-il déclaré, reprochant à son ancien chef de refuser de « sortir du déni».
«Je respecte M. Landry et ceux qui croient que la souveraineté du Québec est encore la priorité, a dit M. Legault. Je pense que c'est un projet qui est légitime, mais moi j'ai cheminé et je crois qu'actuellement, pour le bien du Québec, il y a une urgence de faire un ménage, de rassembler les Québécois. La souveraineté doit être mise de côté et je souhaiterais que M. Landry respecte mon cheminement comme je respecte le sien.»
Utilisation de fonds publics
Bernard Landry a accusé François Legault d'avoir utilisé l'argent des contribuables pour promouvoir la souveraineté lorsqu'il était au PQ. C'est sans fondement, répond-il. «J'ai toujours été dans le camp de ceux qui ne souhaitent pas qu'on utilise des fonds publics, a dit M. Legault. Pour l'étude sur les finances d'un Québec souverain, ça a été fait avec deux recherchistes de l'aile parlementaire. On a travaillé des dizaines sinon des centaines de soirées là-dessus, mais il n'y a pas eu de fonds publics dépensés pour ça.»
Pas un non définitif
Le chef de la CAQ a précisé sa pensée sur son fameux « non » qui a fait couler tant d'encre. Il a refusé de dire qu'il s'agissait d'un non définitif à la souveraineté.
«Ce que je sais, c'est qu'au Québec, on a besoin de prendre une pause sur la question constitutionnelle, a-t-il ajouté. Actuellement, le Québec n'a pas signé la Constitution canadienne donc les deux options qui sont légitimes, à mon avis, c'est un renouvellement du fédéralisme qui serait acceptable à une majorité de Québécois, ou la souveraineté du Québec. Mais ce que je dis, là, c'est que dans un avenir prévisible, ça ne doit pas une priorité et par conséquent, étant donné que je ne veux pas faire la promotion de la souveraineté, s'il y a un référendum je vais voter non.»
«Quel avenir on aura dans dix ans, dans vingt ans, c'est loin là, a-t-il dit. Ce que je vous dis, c'est que dans les deux prochains mandats, je m'engage à ne pas faire la promotion de la souveraineté. Après les dix ans, écoutez là, on verra comme disait l'autre!»