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Selon Legault

Les Québécois n'épargnent pas assez

Agence QMI 
Jean-Luc Lavallée
15/08/2012 11h32 

 
 
Selon Legault - Les Québécois n'épargnent pas assez
François Legault 
Photo: Didier Debusschère / Agence QMI

RIVIÈRE-DU-LOUP – Pour la deuxième fois en deux jours, François Legault propose aux Québécois de revoir leurs valeurs. Cette fois, il les invite à «retrouver la valeur de l'épargne».

«On doit aussi, sur ce sujet, avoir un débat de valeurs au Québec. En 1993, le taux d'épargne au Québec était de 12%. L'année dernière, selon les derniers chiffres disponibles, ce taux est descendu à 2%», a-t-il déclaré mercredi matin à Rivière-du-Loup, dans l'ancien fief de Mario Dumont. M. Legault s'inquiète du niveau d'endettement des Québécois qui peinent à économiser pour leurs vieux jours.


Environ 60 % des Québécois ne cotisent pas à un régime privé, se désole-t-il. Citant un rapport de l'économiste Claude Castonguay, il a déploré qu'un travailleur sur deux, une fois à la retraite, sera contraint de réduire son niveau de vie. «Ces personnes-là ne sont pas toutes conscientes du problème qui les attend, a-t-il dit. Il faut prévoir sa retraite pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Au Québec, toute la société a du travail à faire…»

Régime d'épargne volontaire

Il propose donc de remplacer le futur régime volontaire d'épargne-retraite (RVER), qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2013, par un autre régime qui serait administré par la Régie des rentes du Québec. Dans le plan du gouvernement Charest, les entreprises de cinq employés et plus auront l'obligation d'offrir le RVER et de prélever, à même la paie, les cotisations. Des institutions financières doivent assurer la gestion de ces fonds.

Or, François Legault croit qu'il s'agit d'une erreur. Les Québécois, avec la formule qu'il propose, auraient l'avantage, selon lui, de profiter des frais de gestion très bas de la Caisse de dépôt et placement et de la Régie des rentes à 0,5 % au lieu de 2 % dans le privé.

«Par exemple, après 35 ans de cotisation à 4 % de son salaire, un travailleur ayant un revenu de départ de 30 000$ et qui commence à épargner à l'âge de 30 ans aura près de 35 000$ de plus dans son compte», a-t-il exposé, adhérant au principe de la contribution volontaire.

Une question de confiance

Malgré le déficit inquiétant de 40 milliards $ à la Caisse de dépôt, il y a quelques années (l'épisode malheureux du papier commercial), les Québécois seront rassurés, croit-il, de confier leur argent à l'État plutôt qu'au privé. Les fonds sont protégés à la Caisse, a-t-il fait valoir, en raison de la taille du portefeuille.

«On sait au Québec ce qui est arrivé avec les Vincent Lacroix, les Earl Jones et compagnie, je pense qu'on n'est pas prêt de retrouver la confiance de la population à l'égard des entreprises qui investissent les fonds des citoyens», a-t-il précisé.

0 $ ou 25 millions $?

Une mesure qui ne coûterait «pas un sou au gouvernement», s'est-il targué dans un premier temps. Il a ensuite dû admettre, en après-midi lors d'un point de presse à Montmagny, que l'implantation d'un tel système nécessiterait des investissements de plusieurs millions pour un système informatique. «On parle d'une dépense d'à peu près 25 millions $ qui serait amortie sur 25 ans donc je ne pense pas que ça soit un montant significatif», a-t-il répondu.



 
 


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