SAINT-FRANÇOIS-DE-LA-RIVIÈRE-DU-SUD - Jean Charest veut permettre aux entreprises québécoises de refuser les offres d'achat hostiles de compagnies étrangères.
«Nous allons changer la Loi pour que les conseils d'administration des entreprises québécoises tiennent compte de facteurs qui vont plus loin que l'intérêt strict des actionnaires, qu'ils doivent tenir compte de l'intérêt des travailleurs et des intérêts de l'ensemble de la communauté», a déclaré Jean Charest lundi, de passage dans le comté de Côte-du-Sud.
Cet engagement n'est pas sans rappeler ce qui se passe avec l'entreprise Rona, qui a récemment décliné l'offre d'achat non sollicitée de 1,76 milliard de Lowe's. Le détaillant américain n'a toutefois pas abandonné.
«Nous voulons des moyens supplémentaires», a renchéri le premier ministre, lorsque questionné sur le cas de Rona, un fleuron québécois qui risque de passer à des intérêts étrangers.
Ce pouvoir de refuser les offres d'achat hostiles de compagnies étrangères est possible dans 30 États américains, a signalé le ministre Raymond Bachand à ses côtés. À l'heure actuelle, un conseil d'administration d'entreprise peut tenter de retarder la transmission d'une offre d'achat hostile aux actionnaires, mais ne peut l'empêcher, ce que souhaite modifier un gouvernement libéral.
Pas d'autres hausses de tarifs
Par ailleurs, le ministre des Finances a dit que le trou de 875 millions $ dans les finances publiques du Québec ne sera pas comblé par de nouvelles hausses de tarifs. Il mise sur un contrôle strict des dépenses pour respecter le cadre financier du gouvernement. «Il n'y aura pas de surprise, il n'y a rien d'inconnu, c'est le contrôle des dépenses», a-t-il laissé tomber.
Jean Charest s'est également engagé lundi à créer un fonds d'un milliard $ sera dédié au financement d'acquisitions étrangères par des entreprises québécoises. Le financement de ce fonds viendrait à parts égales du gouvernement et d'Investissement Québec.
Le premier ministre propose également que les propriétaires de PME bénéficient d'une exonération fiscale d'impôt des gains en capital de 750 000 $ lorsqu'ils vendent à un membre de leur famille. À l'heure actuelle, cette exonération n'est possible que lorsqu'il s'agit d'un tiers.
«On va encourager les transferts à l'intérieur des familles», a-t-il insisté, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue dans une ferme laitière de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud.
Cette règle existait déjà pour les agriculteurs. Pour encourager davantage la relève agricole, un gouvernement libéral souhaite hausser de 750 000 $ à un million de dollars l'exonération lors de la vente d'une exploitation agricole à un membre de la famille.