QUÉBEC – La Coalition avenir Québec (CAQ) veut «relancer» la Ville de Montréal en abolissant les postes de conseiller d'arrondissement et redonner plus de pouvoirs à la métropole, qui «manque de leadership».
Voilà l'un des 94 engagements du parti de François Legault, qui a dévoilé, dimanche à Québec, son ambitieuse plateforme électorale qui tient sur 110 pages. Lutte à la corruption, abolition des commissions scolaires, un médecin de famille pour tous; ces promesses déjà connues du grand public figurent aussi dans le document.
Mais la «réforme de la gouvernance métropolitaine» apparaît comme l'une des grandes nouveautés. Si la CAQ forme le prochain gouvernement, elle va réviser le partage des pouvoirs entre les arrondissements et la ville centre qui est devenue «trop faible pour agir seule».
Ville paralysée
«Les pouvoirs [des arrondissements] paralysent la gouvernance de Montréal et ont créé des chevauchements de structures administratives qui freinent le développement de la métropole», selon la CAQ. Actuellement, il y a 103 élus municipaux à Montréal (le maire de la ville, les 18 maires d'arrondissement et 84 conseillers). La CAQ souhaite conserver «moins de 50» conseillers municipaux, rappelant que dans une ville aussi grande que New York, il n'y en a que 51.
M. Legault a justifié son combat en citant l'exemple du Plateau-Mont-Royal et de son maire, Luc Ferrandez, qui a adopté des règlements controversés sur la circulation. «Faut s'assurer que les gens puissent circuler, même si ça passe à travers les différents arrondissements. À un moment donné, faut que ça fonctionne, la grande ville de Montréal. Il y a un consensus pour dire qu'il y a eu trop de décentralisation sur certains pouvoirs», a-t-il déclaré en conférence de presse.
Le train au lieu du métro
La CAQ veut également prioriser le développement du réseau de trains de banlieue au lieu du métro. «Ce n'est pas normal, par exemple, qu'on n'ait pas encore le train de l'est qui soit fonctionnel. À long terme, on n'exclut pas le métro, mais à court terme, on veut travailler sur les trains.» L'Agence métropolitaine de transport (AMT) est un «vrai fouillis», selon François Legault, et serait remplacée par une société d'État relevant de Québec.
Peines plus sévères
En matière de justice, le parti propose de faire payer aux détenus une partie de leur hébergement en prison, en fonction de leur capacité financière. La CAQ, à l'image des conservateurs de Stephen Harper, déplore aussi les «sentences bonbons» et s'engage à «faire preuve d'une plus grande sévérité» à l'endroit des auteurs de crimes violents, en particulier les agresseurs sexuels et les criminels de la route.
M. Legault devra toutefois entamer des discussions avec Ottawa puisque le Code criminel relève de la compétence fédérale. Il est resté plutôt flou à ce sujet, disant croire qu'il serait tout de même possible de faire «des ententes».
Parmi les autres engagements de la Coalition, notons l'abolition du siège social de l'Université du Québec, ce qui pourrait générer, selon lui, une économie de 10 millions $.
D'autres engagements de la CAQ
- Vote secret obligatoire dans le milieu syndical
- Le développement hydroélectrique, une «priorité nationale»
- Fusionner les factures de taxe foncière et de taxe scolaire
- Créer une «Charte des municipalités»
- Abolition du cours d'éthique et culture religieuse au primaire
- Crédit d'impôt pour des programmes de conditionnement physique
- Projet pilote sur la mixité public-privé en santé
- Augmenter le taux de diplomation de 8 % d'ici 2020
- Les garderies et CPE deviendraient un «service essentiel»
- Incitatifs pour l'achat de véhicules hybrides et peu énergivores
- Le seuil d'immigration fixé à 45 000 personnes pendant deux ans