«Au Québec, la langue commune est le français», a dit la chef du PQ en point de presse à Montréal, dimanche matin.
«Notre objectif, c'est d'augmenter la connaissance du français, l'utilisation du français partout dans nos institutions, dans nos commerces, dans nos écoles», a-t-elle ajouté.
La plupart des mesures que contiendra cette nouvelle mouture de la Loi 101 sont déjà connues.
Le PQ compte faire appliquer la loi aux entreprises de 11 à 49 employés qui n'y sont actuellement pas soumises. Cela devrait toucher quelque 54 000 entreprises, principalement dans le commerce de détail.
Mme Marois a soutenu dimanche matin, en citant une étude de l'Office québécois de la langue française (OQLF), que la proportion de commerces montréalais qui accueillaient leurs clients en français est passée de 89 % en 2010 à 74 % en 2012.
Les cégeps anglophones, les centres de formation professionnelle et les cours aux adultes seraient aussi soumis à la nouvelle loi. Ainsi, quelque 8000 nouveaux inscrits par année dans les cégeps anglophones, et qui ne sont pas de langue maternelle anglaise, ne pourraient plus y accéder.
La chef du PQ a dit vouloir établir un groupe de travail pour mener à bien cette transition sans pénaliser les étudiants. Ce changement pourrait se faire «dans quelques années», mais pas une décennie.
Le PQ veut aussi donner plus de pouvoirs à l'OQLF afin de contrer l'affichage en anglais et augmenter son budget de «quelques millions» de dollars pour embaucher plus de personnel.
Pauline Marois a aussi rappelé son intention d'abolir les écoles passerelles, et pour ce faire, elle n'hésitera pas à utiliser la clause dérogatoire. Le PQ veut empêcher les parents qui ne sont pas anglophones d'envoyer leurs enfants à l'école primaire publique en anglais après les avoir brièvement envoyés au privé.
«Nous sommes prêts à le faire sans réserve», a-t-elle dit.
Ménage à faire
Elle a par ailleurs indiqué qu'un gouvernement du PQ allait revoir les exceptions à la Loi 101 qui sont accordées aux grandes entreprises, comme Bombardier par exemple, qui transigent avec beaucoup de clients à l'étranger.
«Je crois qu'il faut revoir tout ça, voir là où il y a des lacunes, là où il y a des corrections à apporter», a-t-elle dit.
La chef du PQ a noté qu'elle ne comptait pas empêcher les entreprises de s'adresser à ses clients étrangers en anglais ou dans une autre langue.
«Mais une fois qu'il a fermé le téléphone, je crois que dans son entreprise, au Québec, ça doit se passer en français», a-t-elle ajouté, précisant qu'un gouvernement du PQ n'agirait pas avec précipitation à cet égard.
Mme Marois a précisé que son gouvernement agirait avec «détermination» dans ce dossier, sans toutefois le faire avec précipitation.