VAL-D'OR - Jean Charest se défend d'être discret depuis le déclenchement des hostilités électorales, mais reconnaît qu'il mène une campagne dictée par le tempo estival.
Pauline Marois et François Legault multiplient les interventions publiques et les promesses depuis 10 jours en vue du scrutin du 4 septembre. Jean Charest, lui, se limite à un engagement quotidien, une mesure généralement économique et toujours très ciblée.
Vendredi, il n'a pas dérogé à son agenda habituel en annonçant qu'un gouvernement libéral créera un fonds de 50 millions $ sur cinq ans pour développer des programmes de formation à distance pour des emplois en lien avec le Plan Nord.
« On n'est pas au neutre, loin de là, au contraire », s'est-il défendu, lorsque mitraillé de questions par les journalistes sur le rythme très mesuré jusqu'ici de sa campagne électorale.
En danger?
N'empêche, les libéraux sont en danger si on se fie au dernier sondage Léger Marketing publié dans Le Devoir de vendredi. Le Parti libéral (31 %) est toujours devancé légèrement par le Parti québécois (32 %), mais désormais, il doit aussi composer avec la Coalition Avenir Québec (27 %).
L'arrivée de Jacques Duchesneau a propulsé officiellement François Legault dans la course électorale. Le chef libéral évalue que les Québécois ne sont pas encore tous revenus de vacances, qu'ils ne suivent pas encore en grand nombre la campagne. Il estime que le temps n'est pas encore tout à fait venu de chercher à tout prix les projecteurs.
« On est à une période de l'année où il faut adapter au contexte de l'année; c'est ce que nous faisons », a dit Jean Charest.
Le premier ministre mise sur un essoufflement du rythme de ses adversaires et fait le pari que les électeurs seront davantage intéressés à la politique durant la seconde moitié de la campagne électorale.
Rappelons que son ministre des Finances, Raymond Bachand, avait été clair à ce sujet lors du déclenchement des élections. « Tout le monde est revenu (de vacances) à partir du 15-17 août », avait-il glissé.
Comme c'est le cas tous les après-midi, une visite d'entreprise dans un événement sécuritaire et contrôlé était au menu vendredi. En déplacement à Chapais, dans le Nord-du-Québec, Jean Charest a visité l'usine de sciage Barrette-Chapais. Les activités reprendront samedi après-midi.
Le premier ministre fera un bref passage au rassemblement de la Commission jeunesse du PLQ à Victoriaville. Cette fois, des manifestants pourraient mettre de l'action dans sa campagne.