La taxation plus importante des citoyens les plus riches, mesure proposée par le Parti québécois pour contrebalancer l'abolition de la taxe santé, encouragerait l'évitement fiscal, qui réduit les revenus de l'État, affirme un expert.
Dès son arrivée au pouvoir, Pauline Marois veut abolir la taxe santé, une mesure de près d'un milliard $. En contrepartie, le PQ augmenterait les impôts des travailleurs ayant un revenu supérieur à 130 000 $.
Le parti souverainiste espère ainsi récupérer 910 millions $. Il compte aussi réduire de moitié le crédit d'impôt pour dividendes et augmenter le taux d'imposition des gains de capital.
Évitement fiscal
Sur papier, la promesse du Parti québécois tient la route, mais dans les faits, l'État québécois ne pourrait pas récupérer l'entièreté de la somme. « Moi, je vous dis que non », affirme le fiscaliste François Vaillancourt, chercheur au CIRANO et professeur au département de sciences économiques de l'Université de Montréal.
« Ils prennent pour acquis que les Québécois les plus fortunés ne changeront pas leur habitude », estime ce dernier.
Ainsi, les revenus sur le capital, par définition beaucoup plus mobile, pourraient être réalisés dans d'autres provinces comme l'Ontario et l'Alberta. « Les gens vont être incités à chercher leur revenu à l'extérieur », explique-t-il.
Quant à la hausse d'impôt pour les plus fortunés, « elle décourage les gens de travailler », dit M. Vaillancourt.
Taxe nuisible
Le chercheur admet toutefois que « ce n'est pas fou » d'abolir la taxe santé. « Déjà, ce n'est pas une taxe santé, c'est un montant forfaitaire. Sur le plan de l'efficacité, ça aurait du bon sens si c'était lié à l'utilisation du système de santé, mais ce n'est pas le cas », a-t-il ajouté.