Charest a la «conscience en paix»


Geneviève Lajoie, Jean-Luc Lavallée et Marianne White

Dernière mise à jour: 09-08-2012 | 14h48

QUÉBEC - Au coeur d'une controverse reliée à l'interruption d'une filature, Jean Charest jure qu'il a la conscience en paix, mais n'exclut pas une poursuite contre Radio-Canada.

«Je peux vous dire une chose ce matin, moi j'ai la conscience en paix et je ne pense pas que ce soit la même chose à SRC», a-t-il dit jeudi.

Dans un reportage des journalistes de l'émission «Enquête» diffusé mercredi soir, on apprend que la filature d'Eddy Brandone, ex-dirigeant de la FTQ-Construction et militant libéral de longue date, a été interrompue après que la cible de la SQ ait approché le premier ministre. Après la rencontre entre les deux hommes, le 9 mars 2009, l'équipe de filature a reçu l'ordre de stopper l'opération.

La SQ a assuré qu'il n'y avait jamais eu d'intervention politique pour faire interrompre la filature.

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Mercredi, lors d'un point de presse annoncé en catastrophe pour réagir au reportage, Jean Charest a juré qu'il n'était jamais intervenu auprès de la SQ pour stopper la filature.

Il s'est durement attaqué à Radio-Canada et est allé jusqu'à remettre en question l'éthique journalistique des auteurs du reportage. Il a également questionné le «timing» de cette diffusion.

Jeudi matin, il a dit vouloir se concentrer sur la campagne électorale, mais n'a pas exclu de déposer une plainte auprès de l'ombudsman de Radio-Canada ou d'envoyer une mise en demeure aux journalistes.

«Je suis en campagne électorale pour gagner la confiance des Québécois le 4 septembre prochain pis je ne veux pas être distrait de ma campagne électorale», a-t-il martelé, encore furieux des derniers événements.

Contrairement au chef libéral et à la chef péquiste, qui ont tous deux réagi rapidement aux reportages de Radio-Canada, le chef de la Coalition avenir Québec a livré le fond de sa pensée seulement jeudi matin.

«On ne peut pas dire que c'est complètement un hasard qu'une filature ait été arrêtée une demi-heure après que M. Charest ait rencontré l'individu. J'accepte ce que M. Charest a dit, on doit lui faire confiance (quand) il dit que ce n'est pas lui qui a donné le mot d'ordre, mais on doit savoir qui a donné le mot d'ordre», a-t-il déclaré lors d'un point de presse à Mirabel.

Les doutes de Mme Marois

De son côté, Pauline Marois estime que les dernières révélations de l'équipe de l'émission «Enquête» sur la filature interrompue par la Sûreté du Québec ont toutes les apparences d'un «nouveau scandale libéral».

«Ça a des odeurs de scandale. C'est exceptionnel», a dit la chef du PQ lors d'un point de presse à Saguenay.

Elle est demeurée prudente en soulignant que si les informations diffusées dans le reportage étaient avérées, ce serait «scandaleux».

Mme Marois n'a pas donné une grande crédibilité aux explications du premier ministre Jean Charest qui a nié toute ingérence politique auprès de la SQ.

«Je vais laisser juger les Québécois. Après tout ce que j'ai entendu d'affirmations de M. Charest qui ne se sont pas avérées par la suite exactes, vous me permettrez d'avoir encore des doutes», a dit la chef péquiste.

Elle a par ailleurs refusé d'attaquer le travail des journalistes de Radio-Canada dans cette affaire.

La porte-parole de Québec solidaire Françoise David a aussi été cinglante envers Jean Charest «M. Charest aura beau dire «on s'est croisé comme ça dans un événement», (…) mais là, ce n'était quand même pas un pur inconnu, il le connaissait depuis longtemps », s'est-elle insurgée.

Elle a dit attendre avec impatience des réponses de la part de la Sûreté du Québec, qui effectuait la filature d'Eddy Brandone en 2009.

«Ce que je ressens, c'est ce que ressent une majorité de Québécoises et de Québécois en ce moment. Le 4 septembre, M. Charest doit prendre sa retraite.»


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