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Élections

Rencontre avec Charest: une filature de la SQ interrompue

Agence QMI 
Geneviève Lajoie
08/08/2012 18h33 

 
 
Élections - Rencontre avec Charest: une filature de la SQ interrompue
 
Photo Archives / Agence QMI

SAINT-LÉONARD-D'ASTON – Jean Charest jure qu'il n'est jamais intervenu auprès de la Sûreté du Québec (SQ) pour interrompre la filature policière d'Eddy Brandone, ex-dirigeant de la FTQ-Construction et militant libéral de longue date. Il a remis en question l'éthique des journalistes de Radio-Canada, qui l'ont associé à cette affaire.

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Faisant l'objet d'une filature serrée de la SQ, Eddy Brandone s'est rendu à l'hôtel Courtyard Marriot, à Dorval, le 6 mars 2009. M. Charest y rencontrait la communauté inuit. M. Brandone a alors échangé quelques mots avec le premier ministre, selon ce qu'a rapporté mercredi l'équipe de journalistes de l'émission «Enquête» de Radio-Canada Après la rencontre, l'équipe de filature a reçu l'ordre de stopper l'opération. La demande aurait suscité un malaise au sein du corps policier, selon les journalistes d'«Enquête». Des enquêteurs de la SQ ont accepté de témoigner sous le couvert de l'anonymat.

«Il y a un principe non écrit de protection du gouvernement, il ne faut pas laisser l'impression qu'une enquête criminelle s'approche du premier ministre», a confié un des enquêteurs. Selon un autre policier, «le responsable de l'opération a tout simplement paniqué quand il a vu le premier ministre et a décidé d'ordonner le black-out (arrêt de l'opération)».

La SQ a refusé de commenter publiquement l'affaire, affirmant qu'il s'agit d'éléments de preuve recueillis dans le dossier de l'ex-directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis. Le corps policier a assuré que jamais il n'y a d'interférence de membres du gouvernement dans les enquêtes.

«Depuis que je suis premier ministre du Québec, je n'ai jamais été informé d'enquête policière et je ne suis jamais intervenu dans des enquêtes policières. C'est simple, c'est clair, c'est ça!» a dit Jean Charest aux journalistes en soirée, lors d'un point de presse convoqué en catastrophe après les révélations. Un évènement militant était au menu mercredi soir à Saint-Léonard-d'Aston.

Le chef libéral est allé jusqu'à remettre en question «l'éthique journalistique» de Radio-Canada. «J'ai pris connaissance du reportage, que je trouve épouvantable», a-t-il lancé, furieux. Le chef libéral se questionne également sur les raisons pour lesquelles cette information sort à ce moment-ci, au huitième jour de la campagne électorale.

Il admet connaître Eddy Brandone depuis 1993, mais ne se souvient pas en détail de ladite conversation du 6 mars 2009. «Je n'ai pas le souvenir des conversations et ce n'étaient pas des conversations de fond et quand je le vois, c'est des échanges sur des choses qui sont pas des dossiers, c'est des échanges qui sont cordiaux pour des gens qu'on rencontre comme ça», a précisé Jean Charest, mitraillé de questions par les journalistes.

Plus tôt dans la soirée, Pauline Marois avait réclamé haut et fort des explications de la part de Jean Charest sur la nature de ses liens avec Eddy Brandone. «C'est très inquiétant», a dit la chef péquiste en campagne sur la Côte de Beaupré.

Elle s'est aussi interrogée sur les raisons de l'interruption de la filature de la SQ. «C'est pas normal qu'on stoppe une filature et c'est pour ça qu'il faut avoir des explications de la part de M. Charest», a dit la chef péquiste.



 
 


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