SAINT-SIMÉON – Une des premières batailles que mènerait un gouvernement du Parti québécois sera le rapatriement du programme d'assurance-emploi.
Pauline Marois a réitéré mercredi son engagement à mettre en place un régime québécois d'assurance-emploi, car elle estime que les travailleurs ne sont plus assez protégés.
Mme Marois a noté que la réforme annoncée récemment par le gouvernement conservateur de Stephen Harper sur le resserrement des critères d'admissibilité à l'assurance-emploi rend le rapatriement encore plus urgent.
Les mesures forceront notamment des travailleurs à accepter du travail loin de leur domicile.
Le maire de Saint-Siméon, Sylvain Tremblay, a lancé un cri du cœur au nom des quelque 70 municipalités rurales qui ont donné leur appui à cette mesure.
«C'est ni plus ni moins qu'une déportation économique et sociale pour les petites municipalités du Québec», a dit le maire au sujet de la nouvelle réforme fédérale.
«J'appréhende pour le Québec une grande crise, car on va accélérer la dévitalisation de nos petites municipalités», a-t-il dit.
Pauline Marois espère que le gouvernement fédéral sera ouvert à négocier ce rapatriement de programme, comme le Québec a réussi à le faire avec les congés parentaux.
«Un des premiers enjeux pour lesquels j'irai au front pour les Québécois, c'est le programme d'assurance-emploi», a dit la chef du PQ de passage dans sa circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré.
Elle compte utiliser la possibilité de retrait des programmes fédéraux, aussi appelée le «opting out».
«S'il (Stephen Harper) devait barrer la porte, les Québécois concluront que le Canada est une condition perdante pour le Québec», a-t-elle dit.
Le régime fédéral a été mis en place par Ottawa en 1940, avec un amendement à la Constitution.
Les réformes des années 1990 et 2000 ont fait passer le nombre de chômeurs non admissibles aux prestations de 15 % en 1989 à la moitié aujourd'hui.