Jean-Luc Lavallée, Geneviève Lajoie et Marianne White
Agence QMI

Duchesneau corrigé par son chef

Élections - Duchesneau corrigé par son chef

Jacques Duchesneauphoto Didier Debusschere / Agence QMI


Jean-Luc Lavallée, Geneviève Lajoie et Marianne White

Dernière mise à jour: 06-08-2012 | 13h51

MONTRÉAL – Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, conserverait le pouvoir de nommer tous les ministres de son éventuel cabinet, contrairement aux prétentions de Jacques Duchesneau, lundi matin, à la radio.

Un premier accrochage entre François Legault et Jacques Duchesneau? Chose certaine, les deux hommes ne se sont visiblement pas bien compris sur le rôle que pourrait jouer le candidat vedette au sein d'un gouvernement caquiste.

En entrevue au 98,5 FM tôt en matinée, Jacques Duchesneau a soutenu qu'il aurait la possibilité de nommer les ministres des Transports, de la Sécurité publique, des Ressources naturelles et des Affaires municipales, quatre ministères visés par son mandat de lutte à la corruption.

« Je suis aussi ministre délégué au premier ministre. Il n'était pas question que je sois un vice-premier ministre comme on l'a connu depuis 30 ans, c'est-à-dire un titre qui est un peu honorifique. J'ai la responsabilité de ces ministères-là, avec possibilité de les nommer. Par-dessus cela, je suis responsable de la lutte à la corruption. Je suis un peu le chef d'orchestre », a déclaré l'ancien patron de l'Unité anticollusion dans l'émission de Paul Arcand.

Un seul patron dit Legault

Le chef caquiste a dû rectifier le tir, quelques heures plus tard, en conférence de presse, à Montréal. « Il y aura seulement un patron», a-t-il affirmé, histoire de camper son leadership à l'égard de sa nouvelle recrue, dont le caractère bouillant est reconnu.

«Ce que j'ai dit à M. Duchesneau, c'est que je le consulterais pour les quatre ministères clés où on va faire un travail au niveau de la corruption. Par contre, c'est la prérogative du premier ministre de choisir les ministres, mais oui, il sera consulté», a dit M. Legault lors d'un point de presse devant la Caisse de dépôt et placement du Québec.

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Cette première fausse note est survenue au lendemain de l'annonce de sa candidature dans Saint-Jérôme. Plusieurs se sont demandé, dimanche, si M. Duchesneau était un joueur d'équipe. «On va travailler en équipe et je n'ai absolument aucune inquiétude. J'ai beaucoup de plaisir dans toutes mes conversations avec M. Duchesneau donc on va faire une équipe d'enfer!» a répondu le chef de la CAQ.

Charest se moque de Legault

Le chef libéral Jean Charest a profité de l'affaire pour se moquer des deux hommes. «Dorénavant, François Legault, à la Coalition Avenir Québec (CAQ), va s'occuper du compte Twitter et va faire les cocktails de financement et Jacques Duchesneau va s'occuper du reste», a dit, en se moquant, Jean Charest, lundi.

La réplique de François Legault n'a pas tardé, en début d'après-midi à Victoriaville, en marge de la visite de la Fromagerie Victoria. «J'aime mieux consulter M. Duchesneau que consulter Franco Fava comme le fait M. Charest», a-t-il laissé tomber.

«J'ai déjà géré des équipes de pilotes chez Air Transat. Inquiétez-vous pas, je vais bien gérer l'équipe exceptionnelle que j'ai de gens hyper compétents. Moi, quand j'étais en affaires, j'ai toujours essayé de m'entourer des gens les plus forts. Ça veut dire bien souvent qu'ils ont un caractère fort, qu'ils ne sont pas faciles à faire travailler ensemble, mais c'est ce qui donne les meilleurs résultats.»

Duchesneau : Charest se moque de Legault

Par Geneviève Lajoie

SAINTE-MARIE – «Dorénavant, François Legault, à la Coalition avenir Québec (CAQ), va s'occuper du compte Twitter et va faire les cocktails de financement et Jacques Duchesneau va s'occuper du reste», a dit Jean Charest lundi sur un ton moqueur.

Les prétentions du nouveau candidat vedette caquiste et ex-patron de l'Unité anticollusion (UAC) à pouvoir nommer des ministres dans un gouvernement de la CAQ font sourire le chef libéral.

«On a appris une affaire nouvelle, que M. Duchesneau va s'occuper de tout le gouvernement. M. Legault, je sais encore pas quel rôle il va jouer, M. Duchesneau a peut-être pas décidé...», a ironisé Jean Charest, lors d'une conférence de presse à Sainte-Marie, en Beauce.

M. Charest n'a pas manqué de signaler que dans un gouvernement libéral, c'est le premier ministre qui a la prérogative de nommer les membres de son cabinet, personne d'autre.

«C'est vraiment une prérogative du premier ministre, ça l'a toujours été. Je n'ai jamais vu, ni au Canada, ni ailleurs dans le monde, certainement pas dans l'histoire du Québec, une situation comme celle-là, jamais vu ça. En passant, je ne pense pas le revoir non plus...»

Le fait que Jacques Duchesneau ait mandaté deux avocats pour passer au peigne fin les livres de la CAQ avant d'accepter de se présenter sous la bannière caquiste est aussi très «inhabituel», a soutenu le premier ministre. «Chez nous, les livres sont déjà pas mal ouverts, nous n'avons pas de raison de remettre en question notre fonctionnement », a-t-il dit.

François Legault a présenté Jacques Ducheneau comme le «Eliot Ness» québécois, ce chef de police qui a réussi à faire tomber Al Capone. «Eliot Ness était policier, pas politicien», a commenté lundi Jean Charest.

Déclarations de Duchesneau : «De l'amateurisme», dit Marois

ÎLES-DE-LA-MADELEINE – Après avoir esquivé les questions dimanche sur l'arrivée de Jacques Duchesneau dans la campagne, Pauline Marois s'est délectée lundi du premier accrochage entre le candidat vedette de la CAQ et son chef.

«C'est de l'amateurisme», a dit la chef péquiste qui a amorcé sa tournée de l'est du Québec dans l'archipel des îles de la Madeleine.

Elle est la première des trois chefs à prendre l'avion en campagne électorale pour se rendre dans une région éloignée.

Elle a rencontré un groupe de pêcheurs en compagnie de la candidate locale du PQ, Jeannine Richard.

La leader péquiste a repris ses attaques contre François Legault qui n'est pas prêt à prendre le pouvoir selon elle.

«Ça fait pas très sérieux ce qui se passe actuellement, ça fait assez improvisé merci», a dit Mme Marois.

Elle a noté que c'est le premier ministre qui a la prérogative de nommer ses ministres.

«C'est lui qui a autorité sur ses ministres, à moins que tout d'un coup on me dise qu'il va déléguer son autorité à M. Duchesneau, là on sort vraiment des règles du jeu habituelles», a dit Mme Marois.

Elle a également critiqué la décision du chef de la CAQ de présenter ses candidats comme des futurs ministres, notamment le Dr Gaétan Barrette, qui a été présenté comme ministre de la Santé, et Christian Dubé, comme ministre des Finances.

«Si ces gens-là ne sont pas élus dans leur comté, ça veut dire qu'il n'y aura pas de ministre des Finances, de ministre de la Culture? On ne vend pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué» a-t-elle dit.

Le chef du PQ a noté que le premier ministre a des règles à respecter pour la composition d'un conseil des ministres, dont l'équilibre hommes/femmes et la représentation régionale.



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