Jacques Duchesneau, «vice-premier ministre» de la CAQ

Élections

François Legault et Jacques Duchesneau Photo Didier Debusschere / Agence QMI


Jean-Luc Lavallée

Dernière mise à jour: 05-08-2012 | 15h49

SAINT-JÉRÔME –François Legault a complété son «trio d'incorruptibles» en accueillant dans son équipe Jacques Duchesneau, son nouveau bras droit à qui il réserve le poste de «vice-premier ministre» si la CAQ prend le pouvoir.

Le chef de la Coalition avenir Québec a mis fin au suspense, dimanche matin, en officialisant le plus gros secret de Polichinelle de la province. Il était accompagné de ses deux autres «incorruptibles», la députée sortante Sylvie Roy (qui fut la première à réclamer une commission d'enquête sur la construction) et Maud Cohen (l'ex-présidente de l'Ordre des ingénieurs), qui se présente dans Laval-des-Rapides.

«Aujourd'hui, nous mettons un nom, un visage à notre volonté de faire le ménage. Jacques Duchesneau est devenu au Québec LE symbole de l'intégrité. C'est notre Eliot Ness québécois», a-t-il lâché, débordant de fierté en s'adressant à la presse. L'ancien patron de l'Unité anticollusion se présentera dans Saint-Jérôme, la circonscription où il réside. Non au PQ, oui à la CAQ

Jacques Duchesneau a admis que le PQ l'avait approché. Mais à ses yeux, la CAQ est «le seul et unique parti» capable de «faire le ménage» en s'attaquant de front à la corruption avec son projet de loi 1. Il dit vouloir achever ce qu'il a amorcé il y a plus de deux ans.

«J'avais dit que jamais je ne ferais de retour en politique, mais là, il y a une conjoncture particulière. Je n'ai plus le goût d'être un gérant d'estrade. Je suis convaincu que nous sommes conviés à un rendez-vous historique et incontournable. On va sortir du vide dans lequel on est présentement», a déclaré M. Duchesneau, multipliant les formules-choc.

Aussi sur Canoe.ca
«La corruption, les intouchables, le silence des magouilleurs et des corrupteurs, c'est assez !», a-t-il balancé. L'ancien chef de la police de Montréal veut s'attaquer aux dépassements de coûts dans les contrats routiers, au manque de transparence d'Hydro-Québec et au financement illégal de partis politiques.

À ce sujet, celui qui a versé 1000 $ à la CAQ cette année – pour appuyer un ami qui milite dans Bertrand – a été exempté de la cible de financement de la CAQ qui peut atteindre 25 000 $ par candidat en raison de son «blocage». Précisons que Jacques Duchesneau a également contribué à la caisse du Parti libéral en 2008 et 2009 et à la caisse du PQ au début des années 2000. Il avait alors appuyé les candidats Guy Ouellette, un ex-policier et l'ancien ministre péquiste Serge Ménard.

L'hésitation avant le plongeon

M. Duchesneau dit avoir fouillé dans les livres de la CAQ pour s'assurer que tout était conforme, avant de faire le saut. La démission de l'agent officiel du parti, Marc Deschamps, associé au scandale du Faubourg Contrecoeur, a été un facteur déterminant. Mais c'est la déclaration de Jean Charest, qui s'est attribué une note de 8 sur 10 pour la lutte à la corruption, qui l'a convaincu de plonger en politique. Ça a été «l'élément final». Il lui donne plutôt «2 sur 10».

Le numéro deux d'un gouvernement caquiste serait appelé à diriger l'action du gouvernement en matière d'intégrité. Il superviserait «l'action des ministères des Transports, des Ressources naturelles, des Affaires municipales et de la Sécurité publique», a précisé M. Legault.

Loi 78

M. Duchesneau s'est dit à l'aise avec la position de la CAQ concernant la loi 78. Cependant, il soutient que cette loi n'aurait pas été nécessaire sous son règne. «Comme ancien chef de police, je peux vous dire qu'on n'aurait pas eu besoin de la loi 78. Nos enfants qui vont à l'école ne sont pas l'ennemi…», a-t-il dit.

«Savez-vous ce qui me chagrine dans tout ça avec les manifestations qu'on a ? Il y a 15, 16 ans, on a amené à Montréal un projet de police de quartier pour rapprocher la population de la police. Et ce qu'on voit depuis plus d'une centaine de jours, c'est peut-être un modèle qui est en train de s'effriter parce que la confiance est en train de disparaître. Ça, c'est l'effet pervers de la loi 78.»

Réplique à Gignac

Samedi, le ministre libéral Clément Gignac avait comparé Jacques Duchesneau à une «arme de destruction massive». Selon M. Gignac, le chef caquiste François Legault aura de la difficulté «gérer pendant 30 jours» son candidat vedette.

Se présentant plutôt comme un «joueur d'équipe», M. Duchesneau a déploré la déclaration de M. Gignac. «Je trouve ça insultant qu'on m'associe à des armes de destruction massive qui sont meurtrières dans plusieurs pays du globe. C'est totalement inapproprié et je ne crois pas qu'on doive s'attendre à ce genre de commentaires de la part des politiciens.»

François Legault a jugé «inacceptable» la déclaration de M. Gignac. Est-ce qu'il veut dire que de lutter contre la corruption, il n'est pas d'accord avec ça? Moi, je pense que c'est lui qui doit des réponses. Je sais que M. Poëti (un ex-policier qui est candidat libéral) a dit beaucoup de bien de M. Duchesneau donc j'aimerais beaucoup savoir ce que M. Gignac avait derrière la tête lorsqu'il a fait ce commentaire.»


Vidéos

Photos