QUÉBEC - Le carré rouge sera au coeur de la campagne électorale. Jean Charest invite la «majorité silencieuse» à s'exprimer.
Il se présente comme le chef de gouvernement qui fera respecter la loi et l'ordre, qui fera payer aux étudiants leur juste part, contre Pauline Marois, dont les gestes seront dictés par «la rue».
«La rue a fait beaucoup de bruit, c'est maintenant au tour des Québécois de parler et de trancher cette question», a scandé le chef libéral, qui a lancé sa campagne à l'aéroport de Québec, quelques heures après avoir déclenché des élections générales au Québec.
L'élection du 4 septembre n'est pas comme les autres, insiste-t-il. «Nous devons décider dans quel type de société nous voulons vivre. Je vous propose une société qui avance dans le respect de chaque citoyen, dans le respect de nos institutions et le respect de la démocratie. Pauline Marois, de son côté, nous propose un gouvernement qui abdique ces responsabilités face à la rue.», a-t-il répété, entouré de ses ministres et des députés et candidats de la région de Québec.
Le conflit étudiant sera un élément central de la campagne électorale, a prévenu Jean Charest. «Après tout ce que nous avons vécu au printemps, c'est incontournable. Est-ce qu'au Québec, c'est la rue qui gouverne ? Pauline Marois a fait le choix d'embrasser le mouvement de contestation, de porter ses symboles et même recruter ses candidats, Pauline Marois propose de plier, de céder et de leur donner tout ce qu'ils demandent», a-t-il répété à plusieurs reprises.
Les étudiants opposés à la hausse des frais de scolarité se sont amplement exprimés, c'est maintenant au tour de la «majorité silencieuse» de s'exprimer, a enchaîné le premier ministre.
Il a indiqué que ce que propose le gouvernement libéral sur les frais de scolarité, c'est un régime généreux de prêts et bourses et les droits de scolarité les plus bas au Canada.
«Les dernières semaines auront permis aux Québécois de constater que derrière la question des droits de scolarité invoquée par les contestataires, se cachent un autre agenda, qui vise à contester l'ordre établi et nos institutions démocratiques, incluant l'Assemblée nationale et aussi nos tribunaux».