QUÉBEC – Les libéraux de Jean Charest pensent remporter une majorité de sièges dans la région de Québec, à tel point que le ministre Clément Gignac estime pouvoir se faire élire dans la circonscription Taschereau face à la péquiste Agnès Maltais, au pouvoir depuis 1998.
À quelques heures du déclenchement des hostilités électorales prévu ce mercredi, les stratèges politiques peaufinent leur plan de match.
Le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, espère conserver des sièges dans la capitale nationale, jadis terreau fertile de l'ADQ, tandis que le Parti libéral du Québec (PLQ) entend non seulement consolider leurs appuis, mais faire des gains.
La campagne électorale devrait être lancée ce mercredi à Québec avec la confirmation de la candidature du ministre Gignac dans la circonscription de Taschereau.
Le redécoupage électoral fragilise les appuis du PQ dans Taschereau et devrait permettre au ministre des Ressources naturelles et de la Faune de remporter la circonscription, estiment les stratèges libéraux. L'idée de rayer de la carte le Parti québécois à Québec fait saliver les troupes du PLQ.
Puisque les libéraux pourraient perdre des plumes en banlieue montréalaise, la région de la Capitale-Nationale s'avère une «zone névralgique», un «pivot de l'élection», reconnaît-on dans les officines libérales.
Dernièrement, Jean Charest a procédé à une série d'annonces d'investissements à Québec, montants qui étaient cependant déjà présents dans le budget déposé au printemps.
Peu après la fin de la session parlementaire, le chef libéral avait fait du charme aux électeurs de la région de la Capitale-Nationale. «C'est vraiment une des belles villes du monde. La ville de Québec, sous un gouvernement libéral, va toujours avoir une très grande place», avait-il lancé, en marge d'un événement en compagnie du maire Régis Labeaume.
Après l'investiture de Jean Charest dans la circonscription de Sherbrooke ce mardi, un Conseil des ministres est prévu mercredi à l'Assemblée nationale, réunion qui sera «très courte», nous dit-on. Un événement partisan au domaine Cataraqui, à Québec, et l'investiture du ministre Gignac dans Taschereau sont ensuite au menu de Jean Charest.
Maltais confiante
Agnès Maltais avait obtenu 41% des suffrages lors de la dernière élection, mais depuis, les limites territoriales de la circonscription ont toutefois été modifiées. Les libéraux espèrent ainsi que ce redécoupage, qui a éliminé le Vieux-Limoilou de la circonscription pour le remplacer par une partie du quartier Montcalm, leur soit profitable.
De son côté, Mme Maltais croit que les citoyens profiteront de la prochaine élection pour chasser le gouvernement Charest du pouvoir.
«Selon le Directeur général des élections, bien sûr, ma majorité, qui était très intéressante, a diminué, a-t-elle admis. Mais je me sens encore confortable. Maintenant, toute élection apporte son lot d'incertitudes. Aux citoyens de choisir! Moi je leur fais confiance. Ils feront le bon choix.»
La réponse du ministre Gignac, là-dessus, est à la hauteur de la lutte entre grosses pointures que les observateurs pressentent déjà dans Taschereau.
«L'opposition peut bien penser ce qu'elle veut. Moi, ce que j'en pense, c'est qu'ils sont excités, que ça les énerve et, entre nous, ils ont de quoi être nerveux parce qu'avec le programme et l'équipe qu'on a, on espère avoir le mandat majoritaire des gens pour obtenir un quatrième mandat libéral majoritaire.»
On s'attend à ce que la candidature de Clément Gignac dans Taschereau soit officialisée sous peu.