SHERBROOKE – Après des mois de valse-hésitation, Jean Charest a posé le dernier jalon vers la tenue d'élections provinciales en septembre. Le premier ministre a officialisé sa candidature dans la circonscription de Sherbrooke lors d'une assemblée d'investiture, mardi soir.
En quête d'un cinquième mandat consécutif à la députation, le chef libéral a profité de ce rassemblement pour galvaniser ses troupes. Ils étaient d'ailleurs plus de 800 militants à l'acclamer à l'hôtel Delta de Sherbrooke.
Cette cérémonie à grand déploiement a permis au candidat Charest de faire quelques attaques en règle contre les candidats des autres partis.
Il s'en est pris notamment au Parti québécois, en l'accusant de s'opposer au Plan Nord. «Devant la contestation, ce n'est pas tout le monde qui a la même capacité de se tenir debout. Robert Bourassa s'est tenu debout quand il a décidé de faire la baie James, il s'est tenu debout alors que le PQ disait “non, on est contre la baie James”. Nous, on est pour le Plan Nord, et devinez quoi? Le PQ est contre le Plan Nord», a clamé Jean Charest.
Au moment où la plupart des militants croyaient son discours terminé, le premier ministre a fait un coup d'éclat et a présenté une cinquantaine de candidats du parti, qu'il a fait venir sur scène. «Voici les candidats du Québec pour le Québec», a-t-il déclaré en les dévoilant.
Lors de son discours, Jean Charest, à qui certains reprochent d'être peu présent dans sa circonscription, a parlé de son attachement pour sa région. Il a également mentionné que c'était la première fois qu'il faisait campagne sans son père, un moment émotif pour le chef des libéraux.
Parallèlement à l'assemblée d'investiture, le mouvement Estrie contre la hausse avait invité les citoyens à se rassembler à 18 h au parc Jacques-Cartier, à Sherbrooke. Les quelque 250 participants à la marche se sont dirigés vers l'hôtel Delta, où l'investiture de Jean Charest était déjà amorcée.
Une lutte féroce dans Sherbrooke
Une chaude lutte est à prévoir dans le fief de Jean Charest, où Serge Cardin défendra les couleurs du PQ et Philippe Girard celles de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Lors du scrutin de 2008, les libéraux avaient remporté la circonscription de Sherbrooke par moins de 2500 voix d'avance sur le candidat péquiste.
Les candidats des partis de l'opposition sont d'ailleurs gonflés à bloc à quelques heures du déclenchement probable des élections. «J'ai 31 ans, je suis relativement jeune. Beaucoup de gens peuvent s'identifier à moi et je gagne à être connu», a déclaré Philippe Girard, un nouveau venu en politique qui espère siéger à l'Assemblée nationale aux côtés de François Legault.
De son côté, le candidat péquiste Serge Cardin migre de la scène fédérale vers la scène provinciale. Après une douzaine d'années passées à Ottawa sous la bannière du Bloc québécois, il a assuré mardi que la politique québécoise l'a toujours intéressé «parce que ce sont les politiques qui sont le plus près» des gens, a-t-il souligné.
Le premier ministre est conscient que la bataille n'est pas gagnée d'avance. «Je vois ça d'un très bon oeil. Je m'attends à ce qu'il y ait une opposition, je m'attends à ce que ce soit une opposition qui soit forte. Et je m'attends de gagner», a-t-il ajouté, avec un sourire en coin.