MONTRÉAL - Le gouvernement du Québec jure qu'il a donné à l'Unité anticollusion (UAC) tous les outils pour faire son travail, contrairement à ce que son ancien patron Jacques Duchesneau affirmait la semaine dernière.
Duchesneau soutenait avoir dû « squatter » les bureaux montréalais du sous-ministre des transports, et racontait que ses enquêteurs n'avaient même pas d'ordinateurs ou de véhicules pour travailler, au début de leur mandat.
Jeudi matin, dans les dernières heures des audiences de la commission Charbonneau avant la pause estivale, l'avocat du gouvernement, Me Benoît Boucher, a tenté de démontrer que Duchesneau et son équipe n'avaient manqué de rien.
« Il n'était pas question de bureau. Dans votre contrat, il n'était pas dit que vous auriez une place fixe pour travailler », a-t-il affirmé.
Me Boucher a même cru bon de souligner que les enquêteurs avaient une toilette à leur disposition.
Il a affirmé au témoin que « tous [les problèmes] ont été à votre convenance dans les trois premiers mois ».
« Il y avait 58 personnes qui avaient accès au bureau du sous-ministre. Est-ce que c'est idéal pour mener des enquêtes? Non, madame la présidente », a rétorqué Jacques Duchesneau, visiblement irrité par l'interrogatoire serré.
Jeudi, le représentant du gouvernement n'a posé à Jacques Duchesneau aucune question sur le contenu de son rapport, un document pourtant très critique quant à la perte de contrôle du ministère des Transports dans les contrats qu'il octroie.
Les audiences ont été suspendues pour l'été en fin de matinée. Elles devraient reprendre dans presque trois mois, le 17 septembre, si tout se déroule comme prévu.
Par contre, les enquêteurs continueront leur travail durant la pause estivale, a assuré la présidente France Charbonneau.