MONTRÉAL – La crédibilité de Jacques Duchesneau et de son équipe d'enquêteurs de l'Unité anticollusion (UAC) a été mise à mal par les représentants du gouvernement du Québec et de plusieurs entreprises de construction, mercredi.
Pour l'ancien patron de l'UAC et ses collègues Annie Trudel et Martin Morin, il faisait aussi chaud dans la salle d'audience climatisée de la Commission Charbonneau qu'à l'extérieur.
Ils ont été attaqués sur la rigueur de leur enquête de 18 mois. Celle-ci a mené à la rédaction d'un rapport dévastateur qui montre une industrie de la construction rongée par la corruption, un gouvernement impuissant et un financement des partis politiques truffé d'irrégularités.
Benoît Boucher, l'avocat qui représente le gouvernement du Québec, a laissé entendre qu'un tableau représentant des soumissions montré dans le rapport proviendrait non pas du ministère des Transports (MTQ), mais bien d'une municipalité.
«Combien d'autres présomptions avez-vous faites dans votre rapport?» a-t-il demandé sèchement à l'enquêteur Martin Morin.
Dans le dossier d'une réclamation de 1,1 million $ faite au gouvernement du Québec par Simard-Beaudry construction, une firme liée à Tony Accurso, les remarques étaient aussi acerbes.
«Est-il possible que cette somme comporte le rachat de matériaux?» a demandé Me Boucher, sans obtenir de réponse.
Plus tôt, Me Denis Houle, qui représente l'Association des constructeurs de route et grands travaux du Québec (ACRGTQ), a aussi tenté de discréditer des informations données mardi par les témoins.
Il a affirmé qu'un certain Michel Marchand, décrit comme un «spécialiste des extra» qui recevait une commission de 10 % sur les montants obtenus du gouvernement, ne travaille pas pour la firme EBC, comme l'ont affirmé les témoins, mais bien chez Neilson.
Les contre-interrogatoires doivent se poursuivre jeudi tout au long de la journée.