QUÉBEC – Les libéraux perdent un autre fidèle soldat. Après plus de 34 ans à l'Assemblée nationale, le ministre Yvon Vallières a annoncé, lundi, qu'il prendra sa retraite à la fin du présent mandat.
Âgé de 63 ans, le ministre responsable des Affaires intergouvernementales et de la Francophonie canadienne n'a pas l'intention de solliciter un dixième mandat dans son comté de Richmond (Estrie et Centre-du-Québec). M. Vallières a eu des ennuis de santé dans les dernières années et entend prendre soin de lui et profiter de la vie avec sa famille.
«C'est avec sérénité que j'annonce que je ne serai pas candidat lors du prochain rendez-vous électoral. Ce fut une décision difficile à prendre, qui a évidemment fait l'objet de discussions avec ma famille et mes proches. Le moment est venu pour moi de laisser place à la relève. Je continuerai à servir mes citoyens avec le même dévouement jusqu'au prochain scrutin», a-t-il déclaré.
«C'est très émouvant. On a beau essayer de se préparer, mais souvent, le trémolo nous prend», a-t-il confié, évoquant une difficile coupure avec les membres de son organisation, devenus de véritables amis au fil des ans.
Élu pour la première fois en 1973, il a échappé son siège une seule fois au profit de l'Union nationale en 1976. Il est ensuite revenu en force en remportant huit élections consécutives, de 1981 à 2008.
M. Vallières a notamment été whip en chef et ministre de l'Agriculture dans les gouvernements de Robert Bourrassa et de Jean Charest. Il a également été président de l'Assemblée nationale de janvier 2009 à avril 2011.
Réaction de Charest
Le premier ministre Jean Charest a encensé ce «grand serviteur du Québec, l'un des députés "les plus aimés" dans sa circonscription, a-t-il déclaré en marge de sa mission au Brésil. Il est pour moi un ami et un homme qui aura laissé sa marque sur la politique québécoise. Je lui souhaite beaucoup de chance et une vie très heureuse.»
«C'était quelqu'un de respecté et d'intègre donc c'est encore une mauvaise nouvelle pour Jean Charest, a commenté le chef caquiste François Legault. La saignée se poursuit. Après Monique Jérôme-Forget, Jacques Dupuis, Nathalie Normandeau, Line Beauchamp, ce qu'on voit, c'est que l'équipe de Jean Charest s'affaiblit encore une fois.»
Le doyen de l'Assemblée nationale, le péquiste François Gendron, a également lancé des fleurs à Yvon Vallières, son ami personnel.
«Il est très apprécié dans son comté, il a tissé des liens très étroits avec son monde, a-t-il dit. C'est un autre abandon. Je n'ai pas vu ça souvent, moi, un gouvernement qui perd autant de monde, un senior comme ça et deux vice-premières ministres en six mois. C'est clair que ça illustre un certain nombre d'affaires.»
Amir Khadir a qualifié Yvon Vallières d'«homme bon et juste», qui avait le souci de protéger le droit des minorités au Parlement. «Moi, je souhaite la débâcle libérale, mais je ne voudrais pas que ça soit Yvon qui en soit victime, mais plutôt M. Charest.»