QUÉBEC - Le Parti québécois continue d'exiger la tenue d'élections et a déposé une motion de censure à l'endroit du gouvernement de Jean Charest, lui reprochant sa gestion « catastrophique » de la crise étudiante et de plusieurs autres dossiers controversés.
La motion, inscrite mardi au feuilleton de l'Assemblée nationale par la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, devrait être débattue en Chambre jeudi. Le conflit étudiant s'ajoute à une longue liste d'événements mal gérés dans la dernière année, selon le PQ, ce qui justifierait le déclenchement d'élections.
La motion se lit comme suit : « l'Assemblée nationale du Québec retire sa confiance au gouvernement libéral et à son premier ministre pour avoir ignoré les demandes répétées de tenir une enquête publique sur l'ensemble des révélations liées à la corruption et à la collusion, pour son refus d'instaurer un véritable régime de redevances pour enrichir le Québec, pour sa gestion catastrophique de la crise actuelle avec les étudiants, pour avoir failli à éliminer l'attente en santé et pour son absence de leadership devant le gouvernement fédéral. »
Appui de la CAQ
Théoriquement, une telle motion pourrait faire tomber le gouvernement. Toutefois, la motion sera vraisemblablement battue en raison de la mince majorité dont disposent les libéraux, même si la CAQ a annoncé son intention d'appuyer le PQ. « Ça démontre le manque de leadership du gouvernement dans plusieurs dossiers et on ne peut cautionner ce gouvernement », a fait savoir l'attaché de presse du parti de François Legault, Jean-François Del Torchio.
Le PLQ a 64 députés à l'heure actuelle alors que le PQ (46) et la CAQ (9) misent sur un total de 55 députés. À cela s'ajoute Québec solidaire (un député), Option nationale (un député) et trois indépendants. La circonscription d'Argenteuil est par ailleurs toujours vacante depuis le départ de David Whissell.
Il s'agit de la deuxième motion de non-confiance à laquelle sera confronté le gouvernement Charest en lien avec le conflit étudiant. Le 28 février dernier, le député Amir Khadir, de Québec solidaire, avait également forcé la tenue d'un vote, blâmant les libéraux pour « la grave atteinte à l'accessibilité aux études et aux droits à l'éducation » pour la hausse des frais de scolarité de 1 625$. La motion avait été défaite 69 à 43.