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Étudiants

Charest jette de l'huile sur le feu puis nuance ses propos

Agence QMI 
20/04/2012 14h34 - Mise à jour 20/04/2012 15h24

 
 
Étudiants - Charest jette de l'huile sur le feu puis nuance ses propos
Jean Charest 
© Joël Lemay / Agence QMI

MONTRÉAL – Jean Charest s'est moqué des manifestants vendredi après-midi, tandis que se déroulaient de violents affrontements entre policiers et étudiants, à Montréal. Il a suggéré notamment d'envoyer les étudiants dans le Grand Nord, provoquant un tollé chez les politiciens, leaders étudiants et sur les médias sociaux.

À la toute fin de son discours inaugurant le Salon Plan Nord, au Palais des congrès, le premier ministre a fait allusion à la manifestation qui se déroulait à quelques mètres de là : «Le Salon Plan Nord est déjà très populaire, les gens courent de partout pour rentrer», a lancé à la blague le premier ministre. «Ceux qui frappaient à la porte ce matin, on pourrait leur offrir un emploi... dans le Nord, autant que possible», a-t-il ajouté sur un ton moqueur, ce qui a déclenché des éclats de rire dans la salle.


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Vives réactions

Les commentaires du premier ministre ont provoqué une tempête de réactions hostiles sur les médias sociaux. De nombreux internautes ont rapidement dénoncé «l'arrogance» et «le mépris» de M. Charest. Une page Facebook a également été créée pour condamner de tels propos.

«Faire des blagues sur le dos des étudiants, c'est franchement insultant!» a dénoncé la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.

La chef du Parti Québécois, Pauline Marois, a reproché au premier ministre d'avoir ainsi jeté de l'huile sur le feu, une attitude qu'elle qualifie d'irresponsable.

«Il avait commencé cette semaine à faire des blagues de très mauvais goût à l'Assemblée nationale, mais aujourd'hui, elles ne sont pas seulement de mauvais goût, elles sont provocatrices à l'endroit des étudiants», a-t-elle indiqué.

Elle a également rappelé les conséquences de la décision du gouvernement Charest d'imposer une hausse des frais de scolarité. «Ce qu'il a imposé aux étudiants est inacceptable, une hausse inacceptable, je l'ai dit, c'est lui qui est responsable actuellement des dérapages qu'on connaît et qui sont bien sûrs condamnables, mais c'est lui le premier responsable», a dit Mme Marois.

Selon le chef de la CAQ, François Legault, en tournant au ridicule l'émeute au centre-ville de Montréal, Jean Charest a «déshonoré» la fonction de premier ministre.

«C'est triste à dire, mais je pense qu'aujourd'hui le Québec n'avait pas de premier ministre. Je pense qu'il a déshonoré la profession et qu'il devrait s'excuser», a lancé vendredi M. Legault, peu avant l'ouverture du congrès de fondation de la Coalition Avenir Québec (CAQ) qui se tient jusqu'à samedi à Victoriaville.

«Je pense qu'on se retrouve dans une situation où on ne se retrouve pas souvent dans le monde : est-ce que vous en connaissez beaucoup de chefs d'État qui font des blagues, alors qu'il y a une émeute à l'extérieur?» a-t-il ajouté.

François Legault demande au premier ministre de convoquer la FECQ et la FEUQ à son bureau lundi matin. Le chef caquiste a aussi lancé un appel à la CLASSE à dénoncer sans attendre la violence.

Déclaration de Jean Charest

Dans un communiqué émis en début de soirée, le premier ministre a souligné que son gouvernement «prend la question de l'intimidation et de la violence très au sérieux».

Il estime que ses commentaires au sujet des manifestants ont été mal rapportés. «Les propos que j'ai tenus lors de mon discours ont été cités hors contexte et interprétés par certains comme si je prenais la situation à la légère, peut-on lire dans le communiqué. Ce n'est pas le cas. Les gens dans la salle l'ont très bien compris.»

M. Charest a appelé les manifestants au calme et a relancé l'invitation de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, pour une rencontre avec les leaders étudiants afin de régler la crise. «Je tiens à remercier celles et ceux qui ont dénoncé les gestes disgracieux dont nous avons été témoins [vendredi]», a conclu le premier ministre.



 
 


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