Mélanie Colleu
Agence QMI

Compteurs intelligents contestés


Mélanie Colleu

Dernière mise à jour: 05-02-2012 | 16h28

MONTRÉAL - Les compteurs «intelligents» d'Hydro-Québec sont loin de faire l'unanimité auprès des Québécois qui ont manifesté à Montréal, Québec et Sherbrooke, dimanche après-midi, afin que la société d'État cesse l'implantation de ses nouveaux appareils.

«Nous exigeons que le gouvernement impose un moratoire !», s'est écrié l'un des cinquante manifestants postés devant les bureaux d'Hydro-Québec dans le centre-ville de Montréal, pancartes et ballons à la main.

Inquiets à l'idée de voir les micro-ondes se multiplier avec l'arrivée de ces compteurs «nouvelle génération», la Coalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique (CQLPE), à l'origine du mouvement dans les trois villes, demande à l'administration Charest d'arrêter le déploiement des appareils.

«Les radiations causées par les ondes des compteurs constituent un risque qu'on ne sait pas encore mesurer, a alerté José Lévesque, l'un des membres fondateurs de la coalition. Nous imposer ça est une grave atteinte à notre liberté de choix.»

C'est pourquoi il demande, en complément d'un moratoire, qu'une commission d'enquête publique et indépendante soit chargée d'évaluer les dangers liés à l'électropollution et que chaque abonné puisse refuser l'installation d'un compteur émettant des radiofréquences sur sa propriété ou exiger son remplacement si ce dernier a déjà été mis en fonction.

Une pétition à Québec, un rapport à Ottawa

Hydro-Québec vient d'achever la première phase de son grand projet visant à remplacer 3,8 millions de compteurs électriques au Québec : 20 000 premiers appareils ont en effet été mis en place dans la MRC de Memphrémagog, à Boucherville et l'arrondissement de Villeray, à Montréal.

Assurant que les taux d'ondes émises répondent aux normes recommandées par Santé Canada, la société d'État doit déposer son dossier à la Régie de l'énergie sous peu, afin de pouvoir poursuivre l'implantation.

Cependant, les promesses d'Hydro-Québec ne rassurent pas les citoyens qui ont signé massivement la pétition déposée par le député de Québec solidaire, Amir Khadir, à l'Assemblée nationale du Québec. «Nous avons récolté 13 082 noms en faveur de ce moratoire», a révélé José Lévesque, dénonçant le manque de transparence de la société d'État.

Un rapport sur les effets de la propagation des micro-ondes dans l'environnement a également été déposé l'an dernier au Parlement, à Ottawa. «Le gouvernement fédéral devrait bientôt se prononcer et resserrer ses normes. Attendons-le», a quant à lui estimé Scott McKay, porte-parole du Parti Québécois en matière d'environnement.

De son côté, le Nouveau Parti démocratique a dit comprendre les inquiétudes de la population et demande au gouvernement conservateur d'assumer ses responsabilités en réalisant toutes les études nécessaires pour rassurer les gens.



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