Le ministre de l’Environnement, Pierre Arcand, a déposé son projet de loi, modifiant la loi sur la qualité de l’environnement, mercredi à l’Assemblée Nationale et on s’attend à ce que la mesure soit lucrative pour les garagistes et les vendeurs de pièces.
C’est que le parc automobile du Québec vieillit.
L’Association des industries de l’automobile estime que 2,2 millions de véhicules ont plus de huit ans dans la province. Il s’agit de 54 % des voitures en circulation.
Des données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) suggèrent plutôt que 1,7 million de voitures ont plus de huit ans au Québec. C'est-à-dire 37 % du total des véhicules québécois.
Le ministre Arcand veut donner à la SAAQ le pouvoir de refuser d’immatriculer un véhicule non conforme. Québec prévoit que 454 000 voitures seront inspectées annuellement dans la première phase du projet. Au terme de l’initiative, une inspection mécanique sera ajoutée à l’évaluation environnementale.
LKQ Pintendre Autos, une firme de la région de Québec spécialisée en recyclage de voitures, s’attend à des retombées positives. «Les propriétaires des voitures qui devront être réparées vont se tourner vers nous parce qu’on vend des pièces moins dispendieuses, usagées ou reconditionnées», a indiqué Pierre Brouard, directeur des ventes de l’entreprise.
Ceux qui préféreront ne pas investir d’argent dans la mise aux normes de leur véhicule pourront décider de le revendre à des recycleurs. Ces derniers pourront commercialiser les composants de bonne qualité.
L'Association des recycleurs d'automobiles du Québec s’est inscrite au registre des lobbyistes pour faire des représentations auprès du gouvernement afin d’encourager le dépôt du projet de loi.
Le projet de loi du gouvernement a pour objectif d’introduire un programme d’inspection obligatoire des véhicules dans le but de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Une initiative décriée par l’Association pour la protection des automobilistes (APA). «C’est de la poudre aux yeux! La Colombie-Britannique et l’Ontario ont adopté des programmes semblables dans les années 1990 et elles ont échoué sur toute la ligne», a dit George Iny, président de l’organisation.
Chiffres à l’appui, M. Iny affirme que seulement 5 % des véhicules inspectés échouent lors de l’évaluation en sol ontarien. Cela signifie que les inspecteurs mandatés par l’État doivent prélever 100 $ à 100 automobilistes, soit un total de 10 000 $, pour piéger cinq délinquants.
«On pourrait financer des projets environnementaux beaucoup plus efficaces avec des sommes pareilles», a poursuivi George Iny.
L’Association québécoise de la lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) est favorable au programme du ministre Arcand qui veut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % sous le niveau de 1990, d’ici 2020.
L’organisme a indiqué en marge de l’annonce du ministère de l’Environnement que 25 % des 600 derniers véhicules qu’elle a inspectés l’an dernier ne respectaient pas les normes minimales de fonctionnement du système antipollution.
Inspection obligatoire: près d’un demi-million de véhicules devront passer chez le garagiste
Geneviève Lajoie
QUÉBEC - Gros lot pour les garagistes: près d’un demi-million de véhicules devront être inspectés annuellement au Québec, vraisemblablement à compter de la fin de l’année 2013.
Le gouvernement Charest donne un grand coup pour réussir à atteindre ses cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre et pour réduire la pollution atmosphérique.
Le ministre Pierre Arcand a déposé mercredi un projet de loi visant à obliger les propriétaires de véhicules légers de huit ans et plus à faire inspecter leur système antipollution lors de la revente.
Il estime à 450 000 le nombre de vérifications chaque année, et ce, uniquement pour la première phase d’application du programme. Le ministre pense que l’inspection devrait coûter environ 60 $.
Deuxième étape
Ultérieurement, tous les gens qui possèdent une voiture, une camionnette ou une motocyclette de huit ans et plus devront passer le test d’émissions polluantes une fois par an.
Ceux qui ne respecteront pas les normes ne pourront plus rouler sur les routes puisque la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) refusera d’immatriculer le véhicule.
Accréditation et abus
Le ministère de l'Environnement évalue à environ 59 000 le nombre de propriétaires qui devront faire réparer leur système antipollution chaque année. Des coûts qui peuvent être relativement élevés, a reconnu le ministre Arcand, qui assure toutefois que les automobilistes seront gagnants au bout du compte puisqu’ils feront des économies d’essence.
«Des gens qui ont un véhicule bien entretenu au départ vont sauver de l’essence, vont en bout de ligne faire beaucoup plus d’économies», a-t-il insisté en conférence de presse, où il était notamment flanqué du président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), André Bélisle.
Pour empêcher des abus, le gouvernement souhaite avoir un certain «contrôle» sur les coûts qui seront facturés aux propriétaires de véhicules trop polluants. D’ailleurs, le ministère accréditera des garages qui pourront offrir ce genre de services.