Taïeb Moalla
Journal de Québec

Logiciels libres: un décret illégal?

Informatique - Logiciels libres: un décret illégal?

© Agence QMI / Archives


Taïeb Moalla

QUÉBEC - Les partisans du logiciel libre qualifient de «douteux» et de «probablement contestable» un récent décret consacré à l’acquisition de logiciels informatiques par le gouvernement.

Le décret 1111-2011, adopté au conseil des ministres le 2 novembre, permet au gouvernement, durant trois ans, de ne pas passer par la procédure de l’appel d’offres pour la mise à niveau et la mise à jour de ses 373 000 postes de travail informatiques.

Ces derniers sont presque entièrement équipés avec le système d’exploitation Windows XP et la suite bureautique Officie 2002/2003 de Microsoft. Sur une période de sept ans, la mise à jour de ces postes de travail coûtera en moyenne 2000 $ par poste. La facture totale devrait avoisiner les 800 millions de l’aveu même du Conseil du trésor.

«Le décret est une vraie reculade par rapport à loi 133 votée il y quelques mois, a déploré Cyrille Béraud, président de l’Association professionnelle des entreprises en logiciels libres (APELL). La loi oblige le gouvernement à considérer l’option du logiciel libre. Or, il y a un double discours. On cède toujours au lobby du logiciel privatif.»

Cela dit, le président de l’APELL ne pense pas contester ce texte devant les tribunaux. «Notre avocat doit étudier le décret, mais nous sommes en mode collaboration avec le gouvernement», a-t-il précisé.

«Économies substantielles»

Même s’il n’est pas capable de chiffrer les «économies substantielles» que permettrait un passage aux logiciels libres, M. Béraud croit que Québec aurait tout intérêt à s’inspirer de la France. «Cette année, il y a 500 000 postes de travail au gouvernement français qui sont passés au logiciel libre, a-t-il rapporté. Partout dans le monde, ça a permis de faire des économies.»

Vendredi, c’est le site internet QuébecLeaks, inspiré par WikiLeaks, qui a rendu public le décret «gardé secret par le gouvernement» du Québec. «La définition de ce qui est secret ne concerne pas uniquement ce que l'on décrète comme étant secret, mais également ce que l'on cherche à garder loin des yeux du public», a expliqué par courriel un représentant de QuébecLeaks.

La porte-parole de la présidente du Conseil du trésor n’avait toujours pas réagi en fin de journée.



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