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Une enquête publique réclamée

Forum sur la reconstruction de Gentilly-2 - Une enquête publique réclamée

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Dernière mise à jour: 15-10-2011 | 13h48

BÉCANCOUR – Une enquête publique doit être menée sur la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 de Bécancour, estime le Mouvement Sortons le Québec du nucléaire (MSQN).

Le MSQN a notamment décelé un «manque de rigueur professionnelle» d’Hydro-Québec et de la Commission canadienne de sûreté nucléaire dans la gestion du projet. Il s’inspire également de l’effondrement des viaducs du boulevard du Souvenir et du boulevard de la Concorde, à Laval, ainsi que celui survenu dans le tunnel Viger, à Montréal. Dans ces trois cas, de nombreux manques de rigueur ont été constatés dans les travaux de construction ou de réfection, ce qui a joué un rôle dans les catastrophes.

Le Mouvement croit aussi que l’enquête permettrait de suivre de près l’attribution des contrats auprès des grandes firmes d’ingénierie.

Forum

Cette demande survient dans la foulée d’un forum mené sur la reconstruction de la centrale, à Bécancour, où de nombreux experts exposent les enjeux liés à la réfection des installations et discutent des risques associés à l'énergie nucléaire.

«C'est important de se mettre à jour sur les informations, voir les enjeux, et discuter de la pertinence ou non d'aller de l'avant avec le nucléaire», a indiqué Christian Simard, animateur du forum et président de Nature Québec.

Parmi les invités figurent Michel A.Duguay, professeur de physique nucléaire à l'Université Laval, Francois A. Lachapelle, un évaluateur retraité d'Hydro-Québec, et Marc Fafard, de Sept-Îles sans nucléaire. Une cinquantaine de personnes assistent aux conférences. Le coût de la réfection de Gentilly-2 est évalué à 2 milliards $. L'opération permettrait à Hydro-Québec d'exploiter la centrale de Bécancour jusqu'en 2040.

Gentilly-2 emploie 800 travailleurs dans le Centre-du-Québec. Les retombées économiques sont évaluées à 600 millions $ au Québec et à 200 millions $ pour la région.

Opposition

Toutefois, des opposants à la réfection soutiennent que le Québec n'a pas besoin de cette ressource énergétique, que les risques d'accident nucléaire sont élevés et que les effets sur la santé et l'environnement sont désastreux, et aussi que les coûts de la réfection n'en valent pas la peine.

«Est-ce qu'on a besoin de cette énergie? La réponse est non, a affirmé Christian Simard. On croule sous les surplus d'énergie. Est-ce qu'on a besoin d'une énergie de ce type-là, alors que même les pays qui dépendent de ce type d'énergie, l'Allemagne, le Japon, parlent d'un gros débat? C'est l'énergie du passé.»

Les opposants rappellent que les coûts de la réfection de la centrale jumelle à Pointe Lepreau, au Nouveau-Brunswick, ont explosé et atteignent 4 milliards $, sans compter les délais. «Pour nous, la reconstruction de Gentilly-2 est une aberration économique, a estimé M. Simard. C'est très très cher.»

Il craint aussi les déchets nucléaires qui seront engendrés par la centrale. «Pour nous, c'est comme une bombe à retardement, ce genre de déchet.»



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