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Ce qu'elle a dit...


MATHIEU TURBIDE
19/06/2011 08h37 

...sur Québec solidaire :

À mon point de vue, le programme de Québec solidaire, c'est impossible pour un gouvernement de réaliser ça. Puis, en plus, ce qu'ils nous proposent, je n'ai pas rêvé, c'est une décroissance de l'économie, qu'on pense à une décroissance lente de l'économie. Ben voyons donc, sur quelle planète on vit? Il faut travailler à faire croître notre économie, pour faire plus de richesse pour mieux la partager. Ici, on la partage mieux, d'ailleurs. [...] Moi, je veux bien. C'est séduisant, mais entre être séduisant et être opérationnel, et que ce soit possible de le réaliser, c'est autre chose. Moi, j'ai rien contre les utopistes, les rêveurs. Mais on ne peut pas confier le gouvernement à un utopiste, là. On n'ira nulle part. Je ne considère pas que ce sont des souverainistes. Ils n'en parlent pas et ils ont recommandé aux gens, aux dernières élections, de voter pour le NPD, un parti fédéraliste.

...sur François Legault et la Coalition pour l'avenir du Québec:

Il y a quelqu'un qui a dit que l'on devrait s'inspirer des propositions qui sont faites par le peut-être futur parti... Ils devraient peut-être regarder notre programme, parce qu'il y en a pas mal qui vont dans ce sens-là. On ne peut pas mettre au pouvoir des gens qui n'ont pas d'expérience et qui se forment une équipe de façon artificielle. Nous, c'est une équipe qui a grandi, qui s'est constituée de militants, de gens de conviction, ils n'arrivent pas parce que ç'a l'air nouveau.

Il y a une confusion totale [dans la position de la coalition]. M. Legault en a fait la démonstration la plus éloquente, cette semaine. Il a donné un point de presse, il a été obligé de revenir pour expliquer qu'il ne tiendra pas de référendum, pas dans les premiers 10 ans.

Sur les grands enjeux, on sait pas où on s'en va. Mais lui? Est-ce qu'il va être d'accord, par exemple, avec une commission d'enquête sur la construction?

...sur les quatre démissionnaires:

On va rencontrer les militants des quatre comtés pour leur demander comment on peut les aider.

Ces gens-là veulent continuer à siéger comme députés indépendants, mais, comme je l'ai dit, nous sommes prêts à les accueillir à nouveau, en autant qu'ils puisent vivre avec le programme qui est là. Parce que c'est la démocratie, ça. On peut bien dire qu'on veut faire de la politique autrement, mais la façon de faire de la politique correctement, c'est de respecter la démocratie.

...sur les critiques de Jacques Parizeau:

Je ne veux pas être déstabilisée par ça. Parce que je crois à ce qu'on a adopté ensemble comme formation politique. Ce qu'on a adopté, ce n'est pas le fruit de quelques-uns. C'est 1 600 délégués, et c'est derrière eux, des dizaines, des centaines de militants. On se retrouve avec un programme qui a été mûrement réfléchi, qui a été débattu. Moi, je dis aux souverainistes: nous sommes des souverainistes. Nous sommes un parti souverainiste, nous voulons faire la souveraineté et j'ai besoin de toutes les énergies de celles ou de ceux, même de ceux qui ont exprimé certaines dissidences à partir du moment où ils peuvent vivre avec ça.

...sur la souveraineté:

Nous sommes un parti souverainiste affirmé. On ne l'est pas à moitié. Dans un cas (la coalition de François Legault), ce ne sont pas des souverainistes, et de l'autre (Québec solidaire), c'est à moitié. Nous, c'est clair. Nous sommes des souverainistes, nous voulons faire la souveraineté du Québec. Et nous avons un plan pour la faire. Et ça, c'est la gouvernance souverainiste. Quand les gens nous disent on ne veut pas gouverner, on veut faire un pays, je veux bien, mais est-ce que quelqu'un va confier le pouvoir à un parti qui dit : je ne veux pas gouverner? Bien moi, je veux faire la souveraineté en gouvernant. Je veux gouverner pour me permettre de faire la souveraineté. Comme René Lévesque et tous les autres chefs après lui. Même M. Parizeau, en 1994, avant les élections, avait été clair à ce sujet.

Le programme, ce qu'il a mis de côté, c'est la stratégie ouverte. On a dit la stratégie, on la fera à l'interne et on la proposera à la population québécoise quand on sera prêt.

Mais d'ici, au moment où on fera la souveraineté par voie référendaire, est-ce qu'on attend? On ne fait que la préparer et on attend que ça arrive? Ou on se met en marche vers la souveraineté. C'est ça, la gouvernance souverainiste.

...au sujet de la langue française:

On est une Nation, un Peuple, et qui a besoin d'outils pour se développer et pour continuer à vivre en français, par exemple, ici, en Amérique et au Québec. Toutes les lois sur la langue, on va les refaire au complet. Pour créer des obligations pour les petites et moyennes entreprises, les commerces, par exemple. Ça n'a aucun sens qu'on ne puisse pas se faire servir en français à Montréal. On en est là, vous le savez. C'est incroyable. On veut aussi appliquer la loi aux entreprises à charte fédérale. On verra bien si Ottawa accepte notre différence comme Nation...

...sur le 2 mai:

Les comparaisons entre le Bloc et le PQ, avec ce qu'on vient de vivre le 2 mai, sont boiteuses. Parce que, dans le cas de l'élection fédérale, il y a eu deux choses qui ont joué : d'abord, la lassitude vis-à-vis le Bloc, et le fait que le Bloc n'avait plus d'enjeu immédiat. La dernière fois, ça avait été la culture. Cette fois, le Bloc n'avait pas de prise. Pas d'enjeu. À Ottawa, le message de Gilles a bien passé sur le fait qu'il ne fallait pas avoir Harper. Les gens se sont dit que s'ils votaient pour un parti qui avait des candidats coast-to-coast, ils avaient des chances de l'empêcher d'être majoritaire.

Mais là, c'est autre chose. On s'en vient dans une élection québécoise, on choisit un gouvernement pour gérer des problématiques qui sont près des citoyens: la santé, l'éducation, etc.





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