À moins d'un revirement inattendu, l'Est de la province va bel et bien perdre trois comtés électoraux. Le gouvernement Charest n'a pas réussi à obtenir le consensus de tous les parlementaires sur le redécoupage de la carte électorale.
La Coalition pour le maintien des comtés en région considère avoir perdu sa bataille. Selon sa porte-parole, l'ex-députée Suzanne Tremblay, il s'agit d'une défaite pour la démocratie.
Même si le gouvernement Charest a suspendu les pouvoirs du Directeur général des élections afin d'amener les parlementaires de tous les partis à s'entendre sur la question, il n'y est pas arrivé.
Après le 30 juin, le comté de Matane pourra donc être regroupé avec celui de Matapédia; Kamouraska-Témiscouata sera fondu dans les circonscriptions voisines, et Lotbinière et Frontenac seront regroupés.
En contrepartie, trois nouveaux comtés seront créés dans la périphérie de Montréal.
Pour Stéphane Bédard, le leader de l'opposition officielle, Jean Charest agit ainsi à des fins purement électoralistes. La nouvelle carte électorale devrait être en vigueur au plus tard à la fin octobre, à temps, selon M. Bédard, pour permettre au premier ministre de déclencher des élections générales anticipées.
Malgré tout, le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques se fait beau joueur. Il se montre encore ouvert à un compromis. Il suggère aux partis d'opposition un vote libre sur le projet de loi 19 vendredi, lors de la dernière journée de la session parlementaire.
Mais ce projet de loi 19, qui maintiendrait les trois comtés de l'Est du Québec le temps d'une autre élection, n'est pas souhaité par les partis d'opposition. Dans cette joute politique très sensible, les jeux semblent maintenant faits.