Maxime Huard
Agence QMI

Caucus conservateur : Maxime Bernier appelé à «réfléchir» au travail d'équipe

Caucus conservateur : Maxime Bernier appelé à «réfléchir» au travail d'équipe

Photo Christopher Nardi

Maxime Huard

OTTAWA | Au lendemain de l'expulsion de Maxime Bernier du cabinet fantôme conservateur, un de ses collègues l'a exhorté à devenir un joueur d'équipe, condamnant du même coup la publication par le député de Beauce du chapitre controversé de son livre sur le web.

«Max a brisé sa promesse sur le livre», a d'abord expliqué le député conservateur Erin O'Toole, référence au chapitre qui avait déjà mis M. Bernier dans l'eau chaude en avril.

Dans l'extrait de livre qui avait finalement été retiré de l'internet pour «préserver l'harmonie» au sein du parti, l'élu québécois accusait Andrew Scheer d'avoir gagné la course à la chefferie du parti en misant sur de «faux conservateurs».

M. Bernier s'était engagé envers le caucus à ne publier le livre qu'à la fin de sa carrière, a dit Erin O'Toole.

Toutefois, Maxime Bernier a publié à nouveau le chapitre litigieux il y a une semaine sur son site web. C'est dans ce chapitre d'une trentaine de pages que le politicien fait référence aux "faux conservateurs", c'est-à-dire ceux qui auraient pris une carte de membre du parti juste pour pouvoir voter contre lui et son idée d'abolir le système de gestion de l'offre dans l'industrie laitière.

«J'aime beaucoup Max, mais Max a besoin de réfléchir à ce que c'est de faire partie d'une équipe. Tu dois mettre ta propre ambition de côté», a poursuivi M. O'Toole.

Ce dernier juge «malheureuse» la décision du député de Beauce, qui survient au moment où une guerre commerciale se dessine avec les États-Unis et où l'administration Trump souhaite s'attaquer à la gestion de l'offre dans les renégociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Maxime Bernier a été démis de ses fonctions de ministre du cabinet fantôme responsable de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, mardi soir, sans que le Parti conservateur ne fournisse d'explications.

Un communiqué du chef Andrew Scheer spécifiait seulement que le député albertain Matt Jeneroux prendrait sa place.

Maxime Bernier demeure dans le caucus conservateur, et aucun de ses collègues n'a souhaité dire mercredi s'il devrait être expulsé du parti.

D'ailleurs, les élus conservateurs étaient avares de commentaires sur le sujet à leur arrivée à la réunion de caucus mercredi. La majorité d'entre eux ont fui les médias, comme leur chef qui s'est sauvé à la sortie du caucus.

Le lieutenant québécois du parti, Alain Rayes, a été laconique. «Le chef a pris sa décision, je supporte la décision du chef», a-t-il répété, niant que Maxime Bernier avait été puni pour sa liberté d'expression.

Le principal intéressé était toutefois devenu une épine dans le pied des conservateurs sur le dossier de la gestion de l'offre. Son opposition au système a été rappelée à plusieurs reprises par les libéraux, mardi, alors que les conservateurs souhaitaient que le gouvernement s'engage à protéger la gestion de l'offre dans l'ALENA.

Mardi soir, Maxime Bernier a réagi à l'affaire via son compte Twitter.

«Le chapitre sur la gestion de l'offre publié sur mon site est le même que celui qui a été disponible pendant des semaines sur le site de mon éditeur, mais qui a été retiré lorsque j'ai décidé de repousser le lancement du livre indéfiniment. Il n'y a rien de nouveau, je ne l'ai pas "publié"», a-t-il écrit dans un message rédigé en anglais où il se garde de réagir directement à son exclusion du cabinet fantôme.



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