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Séparatisme sikh: Jagmeet Singh nie défendre le terrorisme

Séparatisme sikh: Jagmeet Singh nie défendre le terrorisme

Jagmeet SinghPhoto Boris Proulx

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OTTAWA - Face aux révélations selon lesquelles il a participé en 2015 à un rassemblement sikh glorifiant un violent séparatiste, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, s'est défendu mercredi matin d'appuyer le terrorisme.

En juin 2015, le politicien, qui était alors député provincial en Ontario, a pris part à un rallye pour la souveraineté à San Francisco, où des invités en appelaient à la création d'un État sikh indépendant, a révélé mardi soir le quotidien «The Globe and Mail».

Des images vidéo de l'événement publiées sur les réseaux sociaux et consultées par le quotidien torontois montrent qu'une photo de Jarnail Singh Bhindranwale, le chef d'un groupe extrémiste assassiné par les forces indiennes durant l'assaut du Temple d'or à Amritsar en 1984, était affichée sur la scène.

«Je condamne tous les actes de terrorisme partout dans le monde, peu importe qui les commet et qui en sont les victimes. Le terrorisme ne peut jamais être envisagé comme une façon de faire progresser la cause d'un groupe ou d'un autre. Le terrorisme ne mène qu'à la souffrance, à la douleur et à la mort», a insisté Jagmeet Singh, un sikh pratiquant, dans une déclaration publiée mercredi matin.

Ce n'est pas la première fois que le chef du NPD est confronté à la question du terrorisme sikh. Talonné sur la question de la glorification de terroristes par certains membres de la communauté sikhe, il a dû condamner en octobre dernier l'attentat contre le vol 182 d'Air India en 1985 et qui a fait 329 morts.

Question politiquement chargée

La délicate question du séparatisme sikh en politique canadienne a été mise en lumière en février lors du voyage du premier ministre Justin Trudeau en Inde. Son gouvernement, composé de quatre ministres sikhs, est accusé par des représentants indiens de complaisance envers les séparatistes qui militent pour l'indépendance du Pendjab et la création de l'État du Khalistan.

L'enjeu divise la communauté indienne au pays, de nombreux sikhs étant sympathiques à la cause de l'indépendance alors qu'une majorité d'Indiens la condamnent.

Selon le recensement 2016 de Statistiques Canada, il y a 1 370 000 Indiens au Canada, dont 455 000 sikhs. Leur forte concentration dans les régions de Toronto et de Vancouver peut faire basculer de nombreuses circonscriptions, ce qui rend leur vote particulièrement convoité.

Cette situation oblige, comme Justin Trudeau l'a fait à quelques reprises lors de son séjour en Inde, les chefs de partis à condamner le terrorisme tout en se montrant favorables à la diversité d'opinion au sujet du séparatisme sikh.

Marche et discours

Dans un discours en pendjabi prononcé lors du rallye, M. Singh accuse l'Inde de génocide contre les sikhs, selon une traduction du «Globe and Mail». On le voit également prendre part à une marche où flottent de nombreuses bannières pro-indépendance.

Le chef néodémocrate explique qu'il a été invité ce jour-là à s'exprimer «en tant que défenseur des droits de la personne».

«Je suis depuis longtemps un défenseur de la paix et des droits de la personne, au Canada et partout sur la planète. [...] Le génocide des sikhs de 1984, en Inde, a été un épisode horrible lors duquel plusieurs milliers de sikhs ont été assassinés impitoyablement, tandis que des milliers d'autres ont disparu», souligne-t-il, rappelant que l'Ontario a reconnu en 2017 ces événements comme étant un génocide.

Jagmeet Singh dit avoir été témoin de traumatismes causés par cette persécution au sein de la communauté sikhe. «Mon approche a toujours été de donner de l'espace à ces émotions afin de pouvoir passer au travers, mais elle n'a jamais été de tolérer les actes de violence», indique-t-il.

Le leader du NPD a toutefois réitéré qu'il respectait le principe d'autodétermination des peuples reconnu par la Charte des Nations Unies. «Ce n'est pas à moi de décider de l'avenir de l'Inde. Je ne suis ni un citoyen ni un politicien de ce pays. L'autodétermination signifie de respecter les opinions, peu importe le pays, d'un peuple quant au choix de son propre chemin», affirme-t-il.



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