Maxime Huard
Agence QMI

Le Canada aurait 300 000 travailleuses de plus en imitant le Québec, selon Stephen Poloz

Le Canada aurait 300 000 travailleuses de plus en imitant le Québec, selon Stephen Poloz

Stephen PolozPhoto d'archives, AGENCE QMI

Maxime Huard

OTTAWA - Quelque 300 000 femmes de plus pourraient participer au marché du travail au pays si le reste du Canada s'inspirait du Québec en matière de services de garde et de congés parentaux, selon le gouverneur de la Banque du Canada.

Dans un discours devant des étudiants de l'Université Queens, à Kingston en Ontario, Stephen Poloz a insisté mardi sur l'importance d'amener le plus grand nombre de gens à participer au marché du travail face à un contexte de pénurie de main-d'oeuvre.

«Si l'on pouvait juste porter le taux d'activité des femmes de 25 à 54 ans du reste du pays au niveau de celui du Québec, cela ferait déjà croître de près de 300 000 personnes la population active du Canada», a-t-il observé, soulignant que certaines mesures du dernier budget fédéral allaient en ce sens.

Le gouverneur de la Banque a notamment appelé à réduire l'écart entre le taux d'activité des hommes et des femmes au Canada, respectivement de 91 % et 83 %.

«Cet écart peut se rétrécir. Pensons au Québec, où, il y a vingt ans, le taux d'activité des femmes dans la force de l'âge atteignait environ 74 %. Le gouvernement provincial a alors recensé les obstacles empêchant les femmes d'intégrer le marché du travail et a pris des mesures pour les réduire, notamment en réduisant le coût des services de garde et en élargissant les dispositions relatives au congé parental», a expliqué M. Poloz.

Le gouverneur a rappelé qu'en quelques années, les Québécoises ont devancé les femmes du reste du Canada, avec un taux d'activité qui se situe aujourd'hui à 87 %.

La Banque du Canada fait état depuis quelque temps d'un potentiel inexploité sur le marché du travail canadien. Outre les femmes, les jeunes et les autochtones font partie des groupes dont une plus grande participation permettrait de stimuler la croissance économique sans augmenter l'inflation.

Au total, le gouverneur de la Banque évalue que la population active pourrait croître de 500 000 personnes au pays, ce qui représenterait une hausse de 1,5 %, ou de 30 milliards $ par année, de la production canadienne.

«Cela équivaudrait à une hausse permanente de la production correspondant à près de 1 000 $ par Canadien et par an, et ce, sans que l'on tienne compte des possibles investissements et gains de productivité qui seraient associés à un tel accroissement de l'offre de main-d'oeuvre. Manifestement, le jeu en vaut la chandelle», a analysé M. Poloz.



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