Maxime Huard
Agence QMI

Harcèlement dans l'armée: les avocats du fédéral sommés de refaire leurs devoirs

Harcèlement dans l'armée: les avocats du fédéral sommés de refaire leurs devoirs

Andre Forget/QMI Agency

Maxime Huard

OTTAWA | Confronté au fait que les avocats du gouvernement s'opposent en cour à des militaires victimes de harcèlement, Justin Trudeau a ordonné mercredi au ministère de la Justice de corriger le tir.

«Évidemment, ce que les avocats ont plaidé n'est pas aligné sur mes convictions ni celles du gouvernement», a assuré le premier ministre du Canada à son arrivée au caucus libéral.

La ministre Jody Wilson-Raybould a confirmé en fin d'après-midi avoir reçu les indications du premier ministre. Elle attend maintenant une rétroaction de ses avocats avant de prendre une décision finale quant à la voie à suivre.

Mme Wilson-Raybould a indiqué qu'elle étudierait la possibilité de régler ce dossier hors cour.

Révélations embarrassantes

Le gouvernement fédéral conteste actuellement devant les tribunaux un recours collectif intenté en mai contre les Forces armées canadiennes par des militaires victimes de harcèlement, a révélé CTV News mercredi.

Dans des documents de cour consultés par le réseau de télévision, le gouvernement fédéral considère qu'il n'a pas l'obligation légale d'assurer aux membres des Forces armées un environnement de travail libre de harcèlement, ou même de mettre en place des politiques pour prévenir le harcèlement ou les agressions sexuelles.

Ces révélations surviennent deux semaines après que le premier ministre canadien eut livré, lors d'un discours au Forum économique mondial de Davos, un vibrant plaidoyer en faveur de l'inclusion des femmes en milieu de travail.

Double discours

Alors que M. Trudeau répète sur toutes les tribunes qu'il souhaite mettre fin au harcèlement, l'opposition a critiqué durant la période des questions le double discours du premier ministre.

La leader parlementaire néodémocrate a rappelé que Justin Trudeau a dit en Chambre, le mois dernier, que les élus devaient montrer l'exemple en matière de lutte contre le harcèlement. «En essayant de casser le recours, l'exemple donné par le premier ministre est complètement irresponsable et répréhensible», s'est indignée Ruth Ellen Brosseau.

La députée conservatrice Lisa Raitt a quant à elle souligné que le ministère de la Défense indiquait sur son propre site web qu'il garantissait un environnement de travail libre de tout harcèlement. «Est-ce que vous défendez les femmes, oui ou non?» a-t-elle demandé.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a refusé de commenter la cause qui est devant les tribunaux. Il a toutefois assuré que son gouvernement appliquait «une tolérance zéro» par rapport au harcèlement.



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