Maxime Huard
Agence QMI

Joly refuse de répéter que Netflix sera exempté

Joly refuse de répéter que Netflix sera exempté

Mélanie JolyPhoto d'archives

Maxime Huard

OTTAWA - Sous le feu des critiques depuis septembre, Mélanie Joly a refusé mercredi de répéter que Netflix ne serait pas taxé, et ce, après avoir été appelée à agir face aux géants du web par une centaine de personnes et organismes influents du Québec.

«L'entente Netflix n'est pas parfaite et j'entends les préoccupations du milieu», a dit la ministre du Patrimoine à son arrivée aux Communes. Elle n'a pas répété une seule fois que le fédéral ne taxerait pas le service de diffusion en ligne, une promesse que les libéraux ont répétée à maintes reprises depuis la dernière campagne électorale.

Le 28 septembre dernier, lors d'un discours, Mme Joly maintenait avoir «toujours dit qu'on n'augmenterait pas les taxes sur la classe moyenne».

Un collectif regroupant des artistes, producteurs, diffuseurs et gens d'affaires a dénoncé mercredi matin un «traitement de faveur» du fédéral. «On ne peut permettre aux géants étrangers d'échapper aux taxes que toutes les entreprises d'ici doivent prélever», disent-ils dans une déclaration publiée mercredi matin dans le «Journal de Montréal».

Les critiques fusent contre le fédéral depuis qu'il a annoncé en septembre une entente de 500 millions $ avec Netflix. L'accord prévoit des investissements dans la production, mais ne soumet le service de diffusion en ligne à aucune taxe, contrairement aux diffuseurs traditionnels. Mélanie Joly se défend en disant avoir présenté une politique culturelle, et non une politique fiscale.

Le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos, a reconnu à son arrivée au caucus libéral que des entreprises locales «pâtissent» de la croissance du commerce en ligne. Il assure que le gouvernement reste à l'écoute des points de vue sur la politique fiscale, sans préciser les intentions fédérales.

Le lieutenant québécois du Parti conservateur a reproché au gouvernement Trudeau de faire la sourde oreille face au consensus québécois. «L'entente avec Netflix est inéquitable envers tout le secteur économique», a indiqué Alain Rayes.

Chez les néodémocrates, on demande au ministre des Finances, Bill Morneau, de se lever. «Il a reçu une lettre du gouvernement du Québec qui demandait la perception des taxes et il n'a pas répondu, c'est pitoyable», a déploré le porte-parole en matière de culture, Pierre Nantel.

Pour sa part, le gouvernement du Québec a salué la sortie du groupe. Le ministre des Finances Carlos Leitão a déjà fait savoir qu'il imposera la TVQ sur le commerce en ligne, exhortant le fédéral à faire de même avec la TPS.



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