Maxime Huard
Agence QMI

Contestation de la loi 62 : les élus fédéraux marchent sur des oeufs

Contestation de la loi 62 : les élus fédéraux marchent sur des oeufs

Photo Martin Chevalier

Maxime Huard

OTTAWA | Les parlementaires fédéraux ont réservé un accueil prudent, mardi, à la contestation judiciaire de la loi québécoise sur la neutralité religieuse.

«On a un système dans notre pays. Les gens, s'ils veulent contester quelque chose qu'ils ne croient pas justifié, ils ont le droit de le faire», a affirmé le ministre des Transports, Marc Garneau.

Les ministres libéraux marchaient sur des oeufs lorsqu'ils ont été appelés à commenter le recours intenté en Cour supérieure du Québec par la citoyenne Warda Naili, une contestation soutenue par l'Association canadienne des libertés civiles et le Conseil national des musulmans canadiens. Mme Naili conteste la constitutionnalité de la loi 62, qui exige que quiconque qui donne ou reçoit un service public le fasse à visage découvert.

«Le gouvernement fédéral ne s'en mêle pas. La poursuite vient du secteur civil et c'est ce que beaucoup de gens anticipaient», a quant à lui indiqué le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos.

Bien que le gouvernement ait choisi de ne pas intervenir dans le processus pour l'instant, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré à plusieurs reprises dans les dernières semaines qu'Ottawa étudierait la loi 62 et qu'il «prendrait ses responsabilités» pour s'assurer de défendre les droits garantis par la Charte canadienne.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, n'a pas souhaité préciser s'il se réjouissait de cette contestation, même s'il dit depuis le début être personnellement opposé à la loi québécoise. «C'est le droit des gens de contester les lois dans les cours de justice, c'est le rôle du gouvernement d'avoir des lois qui protègent les droits de la personne. Il y a déjà au Québec une Charte des droits qui est très forte, donc je suis confiant que les lois en place vont protéger les droits individuels», a-t-il expliqué.

De son côté, l'opposition conservatrice a tout simplement refusé de commenter le dossier en raison des procédures judiciaires en cours.

Le Bloc québécois, lui, demeure méfiant quant aux intentions du gouvernement Trudeau, critiquant le fait qu'Ottawa met une «épée de Damoclès» au-dessus des lois québécoises. «Les organismes de la société civile ont chacun le droit de faire valoir leurs idées, mais le fédéral doit respecter ce qui est décidé à Québec», a mentionné le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval.



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