Sarah Bélisle
Agence QMI

Ottawa se réjouit de l'acquisition de la C Series

Sarah Bélisle

OTTAWA | L'acquisition de la majorité des parts de la C Series de Bombardier par le géant européen Airbus permettra d'assurer « survie de l'industrie aérospatiale » d'ici, s'est réjoui Ottawa lundi soir.

« C'est une annonce qui va permettre la survie de l'industrie aérospatiale, évidemment, chez nous au Canada. On sait que l'industrie de l'aérospatiale c'est plus de 200 000 emplois, 300 PME à travers le Québec et l'Ontario », a déclaré le ministre du Commerce international François-Phillipe Champagne lors d'un point de presse en soirée au parlement d'Ottawa.

Plus tôt en soirée, il a été annoncé qu'Airbus sera dorénavant l'actionnaire majoritaire de la C Series avec 50,01% des parts. Bombardier possèdera 31% et le gouvernement du Québec 19% de la C Series.

Une transaction qui permettra à la C series « d'accéder à de nouveaux marchés, ce qui veut dire plus de productions et plus d'emplois, ici au Canada. Nous pensons que c'est très important et bon pour le marché de l'industrie aérospatiale », a assuré le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique Navdeep Bains.

En effet, le réseau commercial de Airbus permettra de remplir le carnet de commandes des appareils, a renchéri le ministre Champagne à ses côtés. Les retombées au Québec seront importantes, selon lui.

Pas de perte d'emploi

« Moi je regarde cette annonce-là et je me dis : on se donne les moyens de réussir. On a des garantis au niveau de la production, des garantis au niveau des sièges sociaux, des garantis au niveau des emplois », a indiqué M. Champagne.

En effet, Airbus a donné la garantie qu'aucun travailleur de Bombardier ne perdrait son emploi et que le siège social resterait au Québec.

L'accord doit encore passer les processus d'approbation fédéraux.

« Dans le cadre de telles propositions d'investissements, le gouvernement doit évaluer si celles-ci sont dans l'intérêt national. L'entente d'Airbus, comme toute proposition d'investissement considérable effectué au pays par des non-Canadiens, est assujettie à la Loi sur Investissement Canada, une loi de mon ressort, indique le ministre Bains. Lors de mon examen, j'évaluerai dans quelle mesure cette entente profitera aux Canadiens, viendra soutenir notre secteur de l'aérospatiale et créera de bons emplois. »

La C serie fait face à de nombreux défis. Parmi ceux-ci, rappelons qu'en vertu de deux décisions préliminaires rendues par le département américain du Commerce, des frais compensatoires et antidumping de 300 % ont été infligés aux avions C Series de Bombardier, faisant quadrupler leur prix sur le marché américain.

Les ministres Bains et Champagne n'ont pas répondu aux questions à savoir si cette entente pourrait affecter le litige entre Bombardier, la C Series et le Département du commerce des États-Unis, ni si elle pourrait avoir des conséquences quant aux relations Canada-États-Unis.

« Habile »

Questionné à savoir si ce n'était pas là un second fleuron québécois acquis par des intérêts étrangers sous la gouverne des Libéraux fédéraux, le ministre Champagne a répliqué : « je ne partage pas votre point de vue là dessus. Moi je dirais plutôt que ce qu'on a fait ce soir, c'est d'assurer la survie de l'industrie aérospatiale au Canada et au Québec ».

Le lieutenant québécois du NPD, Alexandre Boulerice a qualifié d' « habile » la transaction.

« L'entente avec Airbus est très habile à deux niveaux. D'abord l'ampleur du réseau de l'entreprise française va ajouter de la valeur à ce produit québécois. Ensuite, on vient de court-circuiter les attaques de Boeing et de l'administration Trump, a-t-il fait savoir. Par contre, même si on se réjouit du maintien du siège social de la C-Series au Québec, on souhaite que le carnet de commandes international, SwissAir, Air Baltic et des transporteurs asiatiques, permettront de maintenir les emplois à Mirabel. Protéger les bons emplois chez nous, c'est la priorité pour le NPD », a fait savoir le député néo-démocrate en soirée.

Du côté de l'Opposition officielle, le député conservateur Maxime Bernier a réclamé lundi soir des réponses aux questions qu'il se pose, faisant référence au prêt remboursable de 372,5 M$ octroyé par le gouvernement Trudeau au géant québécois de l'aéronautique en début d'année.

« Si la Cseries a un tel potentiel au point d'amener Airbus à en prendre le contrôle pourquoi avait-elle besoin de l'argent des contribuables? A-t-il écrit sur twitter. Qui profite le plus de l'argent des contribuables avec cette transaction? La famille qui contrôle Bombardier? Ou Airbus? On veut des réponses. »




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