Guillaume St-Pierre
Agence QMI

Une motion condamnant l'islamophobie divise à Ottawa

Guillaume St-Pierre

Dernière mise à jour: 15-02-2017 | 20h31

OTTAWA - Une motion condamnant l'islamophobie divise les élus fédéraux et le débat a même tourné au vinaigre lorsqu'une députée conservatrice a utilisé une photo de l'attentat d'Ottawa pour marquer son désaccord.

«C'est absolument dégoûtant et complètement inapproprié qu'on utilise une tragédie pareille pour se faire du capital politique», a tonné le député néodémocrate Matthew Dubé, mercredi.

Comme plusieurs de ses collègues, la candidate à la chefferie du Parti conservateur Kellie Leitch voit dans la motion libérale anti-islamophobie une atteinte à la liberté d'expression.

Connue pour ses positions tranchées sur l'immigration, Mme Leitch a publié un photomontage sur les réseaux sociaux montrant une jeune femme aux yeux bleus bâillonnée sur fond d'attaque terroriste au Parlement.

La motion en question vise à reconnaître qu'il faut «endiguer le climat de haine et de peur qui s'installe dans la population» en plus de «condamner l'islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques».

Désinformation

Une première heure de débat a eu lieu mercredi soir à la Chambre des communes.

Selon des députés conservateurs, l'expression «islamophobie» comprise dans le libellé de la motion est trop floue et pourrait signifier l'interdiction de critiquer l'Islam.

«Cette motion constitue-t-elle un premier pas vers la restriction de notre droit de critiquer l'islam » s'est questionné M. Bernier dans les derniers jours, sur la page web de sa campagne.

Son adversaire dans la course à la chefferie Michael Chong soutient plutôt qu'il existe «beaucoup de désinformation» au sujet de la proposition, qui demeure somme toute symbolique.

Dans le contexte de la fusillade dans une mosquée de Québec, «c'est raisonnable d'étudier la discrimination contre les musulmans au Canada», a-t-il ajouté.

Discrimination

L'auteure du texte, la députée libérale Iqra Khalid, souhaite saisir un comité qui serait chargé d'établir un plan d'action afin de contrer la discrimination religieuse.

La ministre du Patrimoine Mélanie Joly a salué le «courage» de sa collègue et a reconnu que le débat débouchera sur des «conversations difficiles».

Mme Joly a du même souffle annoncé que le gouvernement Trudeau allait appuyer «sans réserve» la députée Khalid dans ses démarches.

Tout indique que le Nouveau Parti démocratique se rangera lui aussi derrière la proposition la députée libérale d'arrière-ban.

De son côté, le chef par intérim du Bloc québécois s'y opposera, puisqu'à son avis, la motion va trop loin.

«L'idée qu'il se serait instauré un climat de terreur et de haine, on n'est pas d'accord avec ça», a dit Rhéal Fortin. S'il estime qu'il existe bel et bien de l'islamophobie au Canada, il ne croit pas que le phénomène est «systémique».

«En tout respect, je ne pense pas que ce soit le cas, a-t-il ajouté. Il est faux de dire que dans nos institutions, il y a un racisme ou une discrimination religieuse systémique».

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